Les parlementaires français sont sur le point d’adopter une proposition de loi prévoyant une procédure particulièrement simplifiée d’euthanasie pour les malades chroniques et mentaux. Pour Karine Bechet, il est difficile de ne pas se rappeler les heures sombres de notre histoire...
Le 11 mars 2025, un député du groupe Les Démocrates déposait une proposition de loi sur la fin de vie visant à créer un droit à l’aide à mourir. Depuis, le texte a eu beaucoup de mal à avancer, surtout en raison du blocage récurrent du Sénat. Le 27 mai 2025, les députés l’avaient adopté en première lecture par 305 voix contre 199 et 57 abstentions. Le 28 janvier 2026, le Sénat l’avait rejeté à son tour en première lecture par 181 voix contre, 122 voix pour et 38 abstentions.
La société est manifestement partagée sur la question, mais les députés n’ont pas baissé les armes, il semblerait que ce texte leur tienne à cœur. Il est vrai, qu’aucune question plus urgente pour la société française n’existe aujourd’hui. Donc, le 25 février 2026, l’Assemblée nationale l’a de nouveau adopté, par 299 voix contre 226 et 37 abstentions. Le Sénat avait à nouveau rejeté le texte en deuxième lecture le 12 mai 2026 et la commission mixte paritaire réunie le 2 juin 2026 n'avait pas permis de trouver un accord sur une version finale de la proposition de loi.
Mais cela reste sans compter le fanatisme ambiant à l’Assemblée nationale française, qui veut manifestement en finir avec la conception classique de la médecine, celle qui soigne, et ces députés se battent avec acharnement pour une culture de la mort. Le 30 juin 2026, les députés ont à nouveau adopté la version amendée de cette proposition de loi, avec 295 votes pour et 232 contre. Une loi, qui change fondamentalement la conception de la valeur humaine dans nos sociétés néolibérales et postmodernes, dans la foulée de celle adoptée le 26 mai 2026 sur l’accompagnement et les soins palliatifs. Ils en profitent pour ne pas adopter le délit d’incitation. Donc, tous les excès sont ouverts...
Cette initiative n’est pas strictement française, elle s’inscrit dans un mouvement de légalisation de l’euthanasie active — donner la mort à une personne en situation de faiblesse — qui s’est développé dans les pays européens à partir des années 2000. Le changement de paradigme géopolitique et idéologique après la chute de l’URSS a profondément transformé les sociétés occidentales, qui se noient activement dans une vision non seulement inhumaine, mais anti-humaine. Toute société civilisée doit protéger les personnes faibles et non pas trouver des moyens légaux de s’en débarrasser, de les inciter à se tuer. Sinon, elle retourne dans la barbarie.
Or, ce droit à mourir prévu par la proposition de loi est très simple à mettre en œuvre. La personne concernée ou son tuteur légal, s’il s’agit d’un majeur incapable, doit en émettre la volonté. Dans les deux cas, le consentement est difficile à apprécier, or c’est un aspect fondamental. Lorsque vous êtes victime d’une maladie chronique incurable et que vous êtes tourmenté par les douleurs, vous pouvez avoir envie simplement d’y mettre fin. Mais peut-on pour autant affirmer que le consentement est éclairé ? Bien au contraire, il est littéralement brouillé par la douleur et les traitements. Passer de l’acharnement thérapeutique à l’euthanasie est un pas dangereux.
En ce qui concerne les tuteurs légaux, leur motivation peut être très diverse... D’autant plus que la proposition de loi prévoit que l’assurance-vie contractée par le malade devra fonctionner également en cas de décès à la suite d'une euthanasie.
Ensuite, le médecin prend la décision. Il peut consulter les autres médecins « selon leur disponibilité » et le texte parle de pluridisciplinarité. Il n’y a donc aucune composition contraignante de l’équipe soignante, prenant en charge le patient. De plus, la décision du médecin n’est pas susceptible de recours en justice.
Le patient devra lui-même en principe s’effectuer l’injection mortelle, le médecin ne sera pas à côté, mais pas loin. Si le patient ne peut pas, le médecin la lui fera. L’hypocrisie reste à son comble avec cette disposition. Ainsi, l’honneur médical est censé être protégé.
Qu’est-il arrivé à notre société ?
Désormais, comme cela était déclaré à l’Assemblée nationale : le droit à mourir est un droit « universel ». Donc dans cette logique, il concerne les personnes, qui ont des déficiences mentales et les majeurs protégés. Comment les priver d’un tel droit ?!
Quelle protection, bravo !
Alors que cette proposition de loi divise la société française, il est également prévu qu’une formation spéciale soit mise en œuvre pour les médecins, afin, en réalité, de les inciter à exercer l’euthanasie et donc renoncer à la clause de conscience. Ils pourront donc même « en toute conscience » le proposer aux patients.
De plus, une campagne nationale de sensibilisation est prévue. Nous pouvons déjà l’imaginer ... Sauvez le système de santé français et demandez à mourir, c’est votre droit « universel » ! Au lieu d’aggraver le trou de la sécu ! Soyez citoyen, euthanasiez-vous !
L’un des dangers, en plus de la dimension amorale et inhumaine, est l’interférence de la logique managériale, comme dans les pays anglo-saxons, dans l’appréciation de l’intérêt de soigner une personne : à quoi bon dépenser de l’argent public, si de toute manière on ne peut pas la guérir ? Ainsi, si vous en avez les moyens, vous pourrez vous faire soigner, pourquoi pas à vos frais, les autres auront droit à une « euthanasie » gratuite. Nous nous y dirigeons.
Après avoir détruit les hommes de l’intérieur depuis des dizaines d’années, ces élites globalistes continuent sur leur logique : se débarrasser physiquement de ceux, qui sont « une charge » pour la société. Ces gens n’imaginent pas qu’ils peuvent vieillir, tomber malades, perdre l’esprit. Ils n’imaginent pas qu’un jour, tout cela se retournera contre eux. En attendant, ils dirigent leurs armes contre nous.
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