Liban : Netanyahou provoque la colère en évoquant des villages chrétiens «favorables à une annexion par Israël»
Source: Gettyimages.ruBenjamin Netanyahou a affirmé que plusieurs villages chrétiens du sud du Liban auraient demandé leur annexion à Israël afin d’être protégés du Hezbollah. Ces déclarations ont suscité une vive colère au Liban, où elles sont perçues comme une atteinte à la souveraineté nationale.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a provoqué une nouvelle polémique en affirmant, lors d’un entretien accordé à Fox News le 5 juillet, que certains villages chrétiens du sud du Liban auraient demandé à être annexés par Israël afin d’être protégés du Hezbollah. Il n’a toutefois cité aucune localité concernée, tandis que le maire du village chrétien de Rmeish a démenti ces affirmations, selon des propos rapportés par l’agence libanaise NNA et repris par l’AFP
Selon le dirigeant israélien, ces populations craindraient les « fanatiques du Hezbollah » et verraient en Israël un garant de leur sécurité. Ces déclarations ont immédiatement suscité l’ire de responsables libanais et d’une partie de l’opinion publique, qui y voient une remise en cause de la souveraineté du Liban et une tentative de justifier le maintien de l’occupation israélienne dans le sud du pays.
Israël contrôle actuellement environ 620 km² du territoire libanais le long de la frontière. Depuis le début de l’offensive israélienne, les bombardements et les opérations terrestres ont provoqué des milliers de morts et le déplacement de centaines de milliers de civils. Malgré les combats, une grande partie des habitants des villages chrétiens du Sud est restée sur place, refusant de quitter ses terres malgré les ordres d’évacuation émis par l’armée israélienne.
Un prétexte au maintien des troupes au Liban
Benjamin Netanyahou a également réaffirmé que les forces israéliennes resteraient déployées au Liban « aussi longtemps que nécessaire ». De son côté, le chef d’état-major israélien, le lieutenant-général Eyal Zamir, a averti que l’armée demeurait prête à lancer de nouvelles opérations offensives.
Le dirigeant israélien a par ailleurs évoqué ses relations avec Donald Trump, reconnaissant l'existence de désaccords sur l'accord conclu le 17 avril entre Téhéran et Washington concernant le règlement du conflit régional, tout en assurant que ces divergences étaient régulièrement surmontées. Ces déclarations interviennent alors que les critiques publiques de Donald Trump à l'égard de Netanyahou se multiplient ces dernières semaines, avant une prochaine rencontre entre les deux dirigeants à Washington.
Au Liban, les propositions du Premier ministre israélien ont été largement dénoncées comme une tentative de légitimer une présence militaire durable et d'exploiter les divisions confessionnelles du pays. Pour de nombreux responsables libanais, aucune demande d'annexion n'émane des villages concernés, et ces déclarations risquent au contraire d'attiser davantage les tensions dans une région déjà profondément fragilisée par plusieurs mois de guerre.