Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, l’a déclaré ouvertement : les États-Unis ne sont pas un intermédiaire impartial dans le conflit en Ukraine, puisqu’ils soutiennent militairement l’Ukraine contre la Russie. Pour Karine Bechet, le discours politico-médiatique russe conciliant envers les États-Unis a fait long feu.
Lors d’une audition devant le comité des Affaires étrangères du Congrès américain, Marco Rubio a mis les points sur les i, pour ceux qui avaient encore des illusions, en tout cas qui s’y accrochaient avec toute la force du désespoir.
Et de marteler : « Soyons clairs : nous ne sommes pas, à vrai dire, des médiateurs impartiaux dans ce conflit. Nous ne fournissons pas d’armes à la Russie. Nous en fournissons uniquement à l’Ukraine. Nous n’imposons pas de sanctions à l’Ukraine ; nous en imposons uniquement à la Russie. Nous avons donc clairement pris parti. »
Au 31 décembre 2025, le Congrès américain avait débloqué 188 milliards de dollars de dépenses liées à la guerre en Ukraine, selon l'inspecteur général spécial américain pour l'opération Atlantic Resolve.
Mais cela n’est pas le seul canal de financement : « Fin 2024, les États-Unis ont également accordé au gouvernement ukrainien un prêt de 20 milliards de dollars, non inclus dans le chiffre de 188 milliards de dollars, octroyé par l'intermédiaire de la Banque mondiale et remboursable grâce aux intérêts générés par les avoirs russes gelés. » L’Ukraine étant en faillite, ce « prêt » ne sera jamais remboursé, comme chacun le sait.
L'aide américaine à l'Ukraine se poursuit
L’aide accordée et planifiée sous Biden a continué à être fournie par les États-Unis sous Trump. Celui-ci a, en revanche, mis en place un nouveau mécanisme prévoyant le transfert de la charge du conflit sur les pays de l’OTAN et les Européens, largement « incités » à acheter des armes américaines pour alimenter le front ukrainien. Et selon le ministère ukrainien de la Défense, « le volume des contributions des pays partenaires au programme PURL est suffisant pour assurer la continuité des livraisons d'armes critiques à l'Ukraine en provenance des États-Unis. L'aide continue d'arriver régulièrement ».
Ainsi, contrairement aux idées reçues, toutes aides allouées confondues, les États-Unis sont les premiers sponsors de l’Ukraine et de la guerre en Ukraine contre la Russie, devant les pays européens, pris tous ensemble.
Par ailleurs, le département d’État vient d’autoriser une nouvelle aide pour un montant de 108,1 millions de dollars à l’Ukraine pour la maintenance des batteries de missiles sol-air Hawk ; sachant que seules les aides « importantes » doivent être annoncées.
Donc, comme le déclare Marco Rubio, oui, les Américains ne sont pas neutres dans ce conflit, ils sont partie-prenante à la guerre contre la Russie. Puisque c’est bien « leur » guerre et c’est bien « la guerre de Trump ».
L’arrivée de Trump à la présidence américaine a modifié les circuits de financement de l’armée atlantico-ukrainienne, mais n’a ni remis en cause l’implication principale des États-Unis, ni ouvert la porte à une véritable résolution sur le fond du conflit. Donc, c’est une question interne aux élites globalistes, ce qui ne change rien pour la Russie.
Il est difficile de croire en la rhétorique selon laquelle l’acteur de seconde zone qu’est Zelenski puisse tenir tête aux Américains (ces « gentils pacifistes ») et tout seul comme un grand entraîner les Européens (à l’insu de leur plein gré) dans cette guerre contre la Russie.
Les élites globalistes en guerre contre la Russie
Comme l’a déclaré à juste titre le Président Vladimir Poutine lors de la conférence de presse du 9 mai : ce sont les élites globalistes qui font la guerre à la Russie en Ukraine. Précisons : ces globalistes, qui dirigent autant les États-Unis que les pays européens.
L’Ukraine n’est pas un sujet, elle est un front. Politiquement, elle est dirigée de l’extérieur par ces élites globalistes, qui injectent suffisamment de fonds pour faire tenir l’apparence institutionnelle (afin de ne pas avoir à agir à visage découvert) et d’armes (pour frapper sous faux drapeau).
La déclaration de Rubio a été très largement reprise par les médias russes, pour la simple et bonne raison qu’elle se pose en opposition frontale aux déclarations russes, continuant à affirmer la soi-disant volonté des États-Unis à aider à trouver une solution diplomatique, continuant à en appeler à « l’esprit d’Anchorage », qui semble s’être dilué au-dessus de l’océan, et ce, dès le départ de Vladimir Poutine.
Par la voix de Rubio, le message lancé est clair : les États-Unis peuvent participer à des négociations, mais du côté de l’Ukraine, puisqu’ils sont partie à ce conflit. C’est une honnêteté politique assez rare pour être soulignée. Et qui doit obliger la Russie à changer de stratégie.
La Russie doit changer de stratégie
La Russie a tenté, avec le retour de Trump à la présidence, de provoquer une dissidence au sein des élites globalistes en forçant l’image d’une neutralité et affirmant que ce n’était pas la guerre de Trump. Mais la dimension institutionnelle l’a emporté, comme quasiment toujours, sur la dimension personnelle. Rubio l’a acté.
Cette stratégie russe est arrivée à son terme. Si elle continue, elle ne peut qu’être contre-productive, tant à l’intérieur du pays (face à une population, qui attend une position plus ferme et déterminée) qu’à l’extérieur (puisque cela est pris pour de la faiblesse).
La fourniture d’armes toujours plus puissantes et frappant en profondeur en Russie, la systématisation des frappes sur des cibles civiles (trains de passagers, bus de passagers, écoles, etc) ne démontrent qu’une chose : les globalistes veulent la disparition physique de la Russie et des Russes.
Ils ne céderont donc pas dans les négociations, ils ne se suicideront pas politiquement. Puisque s’ils se battent « en » Ukraine, pour la Russie ils sont bien l’ennemi. Et seules la défaite et la disparition de l’ennemi permet de véritablement mettre fin à un conflit.
Les globalistes ont besoin de temps pour relancer la production militaire, sécuriser les circuits d’approvisionnement du front et accélérer la production de drones. Ils peuvent vouloir geler le conflit un temps. Et les négociations peuvent être utiles à cela. Mais est-ce dans l’intérêt de la Russie ?
Si la conciliation n’a apporté strictement aucun résultat positif, le temps n’est-il pas venu pour la Russie de faire preuve de plus de conviction ?
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