La guerre sur le front ukrainien dure, et les Atlantistes ont besoin d'y poser les bases d’une armée européenne. Zelensky annonce donc une réforme militaire qui, selon Karine Bechet, reposera sur les épaules des Européens, lesquels se lancent dans une guerre longue contre la Russie.
Les déclarations de Zelensky sont de plus en plus radicales et montrent bien la volonté des Atlantistes d’en découdre avec la Russie jusqu’au bout. Et ce, sur le champ de bataille.
Pour être honnête, pas uniquement sur le champ de bataille. Parmi les déclarations de Zelensky, il est impossible de ne pas retenir la menace proférée à Erevan en Arménie devant les dirigeants européens réunis au complet, de frapper le défilé du 9 mai à Moscou.
Ceci n’étant pas une cible militaire légitime, ce serait un crime de guerre. Aucune réaction côté atlantiste : le silence vaut consentement. L’autonomie réelle de Zelensky était très réduite ; on est en droit de se demander s’ils n’en sont pas même les instigateurs.
Mais la systématisation des actes de terrorisme n’étant pas suffisante, et de loin, pour remporter la victoire, pas plus que la production d’une propagande de guerre particulièrement primaire, une réforme de l’armée dite « ukrainienne » s’annonce.
Nous sommes dans une situation assez particulière, puisque l’Ukraine a perdu son étaticité au minimum en 2014, voire en 2004, dans la mesure où l’ordre juridique est systématiquement violé et que les institutions étatiques adoptent des textes et des décisions pris à l’extérieur. Or, l’armée est l’instrument de défense de l’État, de cet État qui n’existe justement plus.
Mais cette armée existe, au sens matériel du terme, et elle va être renforcée. Pour défendre quoi ? Les intérêts atlantistes. Ce qui s’inscrit parfaitement dans la ligne du projet de mise sur pied d’une « armée européenne ».
Ainsi, Zelensky est sommé par les Atlantistes de rendre son efficacité à cet organe, qui semble partir en déliquescence : désertions, problèmes de recrutement, sous-paiement, sous-équipement, corruption endémique, problèmes de discipline, etc.
Le modèle choisi dès 2014, puis en 2022, n’est pas prévu pour un conflit de long terme, qui pourrait devenir de haute intensité. La dimension idéologique et répressive interne avait été confiée à des groupes néonazis, ce qui pose de sérieux problèmes pour une armée professionnelle, dès les premiers temps révolutionnaires passés. La mobilisation n’en finit pas, et la multiplication des images de personnes refusant d’être attrapées dans la rue pour être envoyées sur le front souligne la faible motivation d’une population épuisée.
Tout avait été prévu pour un conflit de courte durée. Du coup, l’armée ukrainienne, telle qu’elle sortait de l’Union soviétique — alors importante et professionnelle — puis de la formation otanienne d’après-Maïdan, a disparu en 2022. La mobilisation rapide devait compenser le manque de bras, les instructeurs étrangers le manque de cerveaux, et l’approvisionnement atlantiste en armes le manque d’armement.
Mais cela n’a donné des résultats que lorsque la Russie a reculé à la suite des négociations d’Istanbul, avant de regrouper ses forces pour lancer un mouvement plus lent, mais plus profond, de reconquête et de libération du territoire.
Donc, ce modèle militaire est un échec. La guerre se prolonge, la Russie n’a pas cédé aux sirènes de Trump : il faut revenir à une armée de personnes motivées et formées.
La motivation peut être de deux types : la plus sûre — idéologique, lorsque les individus savent qu’ils se battent contre un ennemi et pour leur terre ; sinon reste l’argent. L’Ukraine est un Protectorat : elle a été conduite par les Atlantistes à provoquer cette guerre qu’elle est en train de perdre, et les actes de dissidence et de résistance se multiplient dans la population. Convaincre ces gens de s’engager est donc impossible.
Il faut tenter de les acheter. C’est ce qu’annonce Zelensky, en faisant miroiter des salaires pour les combattants allant de 4 850 à 7 770 euros.
Dans un pays en ruine et en faillite, ces montants sont faramineux. Selon les statistiques européennes, l’Ukraine a l’un des salaires minimums les plus bas d’Europe, avec 173 euros par mois. Le salaire moyen brut est d’environ 500 euros.
Les sommes envisagées pour aller sur le front sont donc plus de dix fois supérieures au salaire moyen. Zelensky espère ainsi pousser les gens à signer des contrats d’engagement volontaire, ce qui lui permettrait de renvoyer à la maison les survivants de la mobilisation antérieure, par tranches.
Pour cela, il faut de l’argent. Car, en plus des salaires, il faut former et équiper cette nouvelle armée. Or, la dette publique ukrainienne a atteint 98,4 % du PIB en 2025, avec une agriculture et une industrie détruites. L’Ukraine ne tient que grâce aux versements étrangers : le pays est à louer, il s’est vendu.
Où trouver l’argent ? En Europe.
Les élites atlantistes européennes veulent lancer une « armée européenne », mais elles ne disposent pas des effectifs nécessaires, et la population n’est pas prête à s’engager. L’Ukraine peut fournir la masse, mais il va falloir payer. Le prétexte de la fameuse « menace russe », qui s’abattrait soi-disant sur l’Europe après l’Ukraine, sert de prétexte à la militarisation du continent, où les élites atlantistes jouent leur survie.
Il s’agit, pour l’instant, d’une annonce destinée à relancer le moral des Ukrainiens et à préparer l’opinion publique européenne, secouée par tous les scandales de corruption en Ukraine.
Le problème est qu’à force de créer un ennemi, il finit par exister. La patience de la Russie arrive à son terme. Et, comme le président russe l’a souvent répété : la Russie préférerait atteindre ses objectifs par la négociation ; mais si cela est impossible, elle peut les atteindre sur le champ de bataille.
Ce qui serait, en réalité, plus sûr pour elle et, ô combien, plus périlleux pour les Atlantistes.
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