Rutte appelle les alliés de l’OTAN à accuser publiquement la Russie lorsqu’ils se disent «presque sûrs» de son implication
Source: APÀ Bruxelles, Mark Rutte a appelé les alliés à attribuer publiquement certains actes hostiles à la Russie lorsqu'ils se disent «presque sûrs» de son implication. Moscou dénonce une pratique consistant à l'accuser sans preuves rendues publiques, alors que plusieurs précédents européens ont ensuite vu les premières hypothèses évoluer.
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a appelé les pays membres de l'Alliance à mettre publiquement en cause la Russie lorsqu'ils considèrent son implication comme presque certaine dans des actes hostiles, et ce même sans confirmation définitive.
Lors d’une conférence de presse le 29 septembre 2026, il a repris les propos du commandant suprême des forces alliées en Europe, Alexus Grynkewich : « Quand vous en avez la possibilité, quand vous êtes sûrs que ce sont les Russes voire même quand vous êtes presque sûrs que ce sont les Russes, attribuez-le aux Russes. »
Il a aussi demandé aux alliés de transmettre leurs informations à l’OTAN et à son commandement militaire, précisant que les réponses ne seraient pas toujours publiques ni symétriques.
L’Estonie donnée en exemple malgré l’absence de preuves
Le cas cité par Rutte concerne l’incendie de locaux de l’entreprise de défense Milrem Robotics à Tallinn, dans la nuit du 15 août. Trois ressortissants lettons ont été arrêtés puis remis aux autorités estoniennes.
Tallinn affirme que l’opération aurait été organisée à la demande des services russes. Les autorités estoniennes n’ont toutefois pas rendu publics les éléments permettant de vérifier cette attribution. Moscou a catégoriquement rejeté ces accusations, Dmitri Peskov les qualifiant de sans fondement.
Pour les autorités russes, cette affaire illustre une pratique qu’elles dénoncent : rendre publiques des accusations contre Moscou avant que les éléments avancés puissent être examinés et confirmés.
Des soupçons qui ne sont jamais confirmés
En septembre 2025, la présence supposée de drones autour de l’aéroport de Copenhague avait nourri les soupçons d’une opération hybride, la Russie étant évoquée parmi les pistes possibles. Après neuf mois d’enquête, la police danoise a annoncé le 25 juin 2026 n’avoir trouvé aucune preuve permettant même de confirmer que les objets observés étaient des drones. Aucun suspect n’a été identifié et l’enquête a été close.
L’affaire Nord Stream avait elle aussi suscité des spéculations sur une possible responsabilité russe. L’enquête allemande s’est depuis orientée vers une autre piste : en juillet 2026, le parquet fédéral a inculpé un ressortissant ukrainien soupçonné d’avoir coordonné l’équipe ayant posé les explosifs.
Les propos de Rutte prennent ainsi un relief particulier. L’OTAN encourage l’attribution publique à la Russie lorsque les alliés se disent certains ou presque certains de son implication. Moscou y voit le risque de transformer des soupçons en accusations politiques avant que les faits ne soient pleinement établis.