Scandale en Ukraine : le limogeage du ministre de la Défense déclenche des manifestations à travers le pays

Scandale en Ukraine : le limogeage du ministre de la Défense déclenche des manifestations à travers le pays
Manifestation en Ukraine. [Capture d'écran]
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La décision de Volodymyr Zelensky de limoger le ministre ukrainien de la Défense, Mikhaïl Fiodorov, a plongé le pays dans un nouveau scandale, provoquant des manifestations à travers le pays. Les médias spéculent sur les raisons possibles de cette décision, tandis que le chef du régime de Kiev risque de déclencher une rébellion.

Le limogeage du ministre ukrainien de la Défense, Mikhaïl Fiodorov, a déclenché de nombreuses manifestations à travers toute l'Ukraine. Selon le journal ukrainien Strana, des rassemblements se sont tenus à Kiev, Poltava, Loutsk, Dniepr, Ternopol, Tchernigov, Odessa et Lvov.

Manifestations en Ukraine. [Crédit : réseaux sociaux]

Dans la capitale ukrainienne, les manifestants se sont réunis à proximité du quartier gouvernemental. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des participants affluant vers le lieu du rassemblement, brandissant des pancartes et scandant des slogans en faveur du ministre limogé. Les manifestants ont notamment scandé « Honte ! », accusant les autorités de corruption au sein des forces armées et d’incompétence dans les remaniements de personnel.

À Lvov, des manifestants ont également demandé à Zelensky de maintenir Fedorov à la tête du ministère de la Défense.

Conflits internes, luttes d’influence et ambitions démesurées

La destitution de Fiodorov de son poste de ministre de la Défense ukrainien repose déjà sur de nombreuses raisons. Selon plusieurs médias ukrainiens, la décision pourrait être liée à son conflit avec des personnalités influentes de l’establishment politique et militaire du pays, dans le cadre d’une lutte pour le contrôle du budget militaire national. Strana a souligné que Fedorov avait créé son propre « écosystème », qui est entré en conflit avec des entreprises proches de Zelensky. Le journal évoque également une lutte d’influence autour du contrôle des importants budgets consacrés à la défense. 

Selon les médias ukrainiens, la décision pourrait notamment être liée aux tensions qui opposaient depuis plusieurs mois le ministre au commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Alexandre Syrskyi. Leurs désaccords, confirmées par le chef du régime de Kiev, auraient porté sur la conduite des opérations militaires, la conscription, les achats d’équipements et l’organisation des forces armées. 

Strana avance également que Fedorov nourrissait des ambitions politiques personnelles pour le poste de chef de l’État et développait ses propres relations, notamment avec les États-Unis. Selon le jounral, Fedorov menait sa propre stratégie politique avec le soutien de cercles bénéficiaires de subventions proches des agences de lutte contre la corruption, des institutions européennes et du Parti démocrate américain.

Vers une rébellion directe contre Zelensky ?

Le limogeage du ministre a également provoqué des remous dans les rangs de l’armée ukrainienne. Pavel Elizarov, haut responsable de l’armée de l’air, a annoncé son départ en signe de protestation. Il a qualifié l’éviction de Fedorov de grave préjudice pour la défense aérienne de l’Ukraine.

Selon les médias, Volodymyr Zelensky envisageait de proposer le ministre de l’Intérieur, Igor Klimenko, pour prendre la tête du ministère de la Défense. Celui-ci est considéré comme un proche du chef du régime de Kiev et dirige le ministère de l’Intérieur depuis 2023. Klimenko aurait refusé ce poste.

Dans ce contexte, Strana a souligné que le scandale déclenché par la démission du ministre ukrainien de la Défense constituait une rébellion ouverte contre Volodymyr Zelensky. Le journal a noté que si le chef du régime de Kiev maintenait Fedorov à son poste sous la pression des médias occidentaux et des manifestations, cela constituerait un coup dur pour le pouvoir, dont l’ampleur dépasserait celle des conséquences du « recul » concernant les lois sur le Bureau national anticorruption ukrainien (NABU) et le Parquet spécial indépendant ukrainien (SAP) en juillet dernier.

La Russie, quant à elle, n’accorde aucune importance à l’identité de la personne qui dirige le ministère ukrainien de la Défense. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné que l’essentiel pour Moscou était que le régime de Kiev compte en ses rangs quelqu’un capable d’assumer ses responsabilités et de prendre une décision responsable, permettant soit de parvenir à un règlement pacifique, soit de mettre fin au conflit en Ukraine.

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