Le FMI alerte sur une économie mondiale sous pression et des perspectives assombries par la guerre en Iran

Le FMI alerte sur une économie mondiale sous pression et des perspectives assombries par la guerre en Iran© Jose Luis Magana Source: AP
Des délégués se dirigent vers l'entrée du siège du Fonds monétaire international lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington, le 15 avril 2026.
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Les tensions entre les États-Unis et l’Iran continuent de peser sur les perspectives de l’économie mondiale. Le Fonds monétaire international maintient une prévision de croissance de 3% en 2026, mais alerte sur des risques accrus liés à l’inflation, aux taux d’intérêt et aux incertitudes géopolitiques.

L’économie mondiale entre dans une nouvelle phase d’incertitude alors que les conséquences du conflit entre les États-Unis et l’Iran continuent de se faire sentir sur les marchés, les politiques monétaires et les perspectives de croissance.

Dans ses dernières projections publiées le 8 juillet, le Fonds monétaire international (FMI) a maintenu quasiment inchangée sa prévision de croissance mondiale pour 2026, à 3 %, légèrement en dessous des 3,1 % anticipés en avril et des 3,5 % enregistrés en moyenne au cours des deux années précédentes.

L’institution de Washington estime toutefois que les risques restent « orientés à la baisse », en raison notamment des tensions géopolitiques persistantes, des pressions inflationnistes et de l’impact durable du conflit au Moyen-Orient.

Des taux d’intérêt durablement élevés

Selon Bloomberg Economics, les conséquences de la guerre entre Washington et Téhéran pourraient modifier durablement la trajectoire des politiques monétaires. Les taux d’intérêt directeurs pourraient rester plus élevés pendant plusieurs années, alors que les banques centrales cherchent à contenir les effets inflationnistes liés aux tensions géopolitiques.

Plusieurs banques centrales ont déjà ajusté leurs politiques. La Nouvelle-Zélande a relevé ses taux, tandis que la Pologne, la Roumanie, la Malaisie, l’Égypte, la Serbie et le Pérou ont maintenu leurs niveaux. La banque centrale israélienne a, de son côté, procédé à une baisse de taux.

L’intelligence artificielle soutient la croissance américaine

Le FMI souligne néanmoins que certains facteurs compensent partiellement l’impact du conflit, notamment l’expansion rapide de l’intelligence artificielle. Aux États-Unis, les économistes observent une nouvelle vague de créations d’entreprises liée au développement de l’IA, particulièrement dans les secteurs où ces technologies peuvent être rapidement intégrées, comme les services professionnels.

Malgré cette dynamique, le marché immobilier américain reste fragilisé par le coût élevé du crédit. Les ventes de logements existants ont reculé en juin, affectées par des taux hypothécaires toujours élevés.

Des signaux contrastés dans les grandes économies

En Europe, certains indicateurs montrent une amélioration progressive. La Banque de France a relevé son estimation de croissance à court terme après une hausse de l’activité dans plusieurs secteurs en juin. L’institution estime désormais que l’économie française devrait éviter une récession au deuxième trimestre.

En Allemagne, les commandes industrielles ont rebondi, notamment grâce au secteur des équipements de transport et de défense, dans un contexte de hausse des investissements militaires.

Au Japon, la hausse des prix à la production en juin, au rythme le plus rapide depuis début 2023, renforce les arguments en faveur de nouvelles hausses de taux par la Banque du Japon.

La Chine face au ralentissement des prix

En Chine, les signes de reprise de l’inflation restent fragiles. Les prix à la consommation et l’inflation sous-jacente ont ralenti en juin, illustrant les difficultés de Pékin à relancer durablement la demande intérieure après une période de déflation.

Au Mexique, l’inflation a en revanche ralenti plus fortement que prévu, donnant davantage de marge de manœuvre à la banque centrale. L’indice des prix a progressé de 3,37 % sur un an en juin, son rythme le plus faible depuis 2020.

Alors que les banques centrales tentent de trouver un équilibre entre soutien à l’activité et lutte contre l’inflation, le conflit au Moyen-Orient demeure un facteur majeur d’incertitude pour l’économie mondiale en 2026.

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