Brexit : dix ans après le vote, le Royaume-Uni en mesure encore le coût
Source: Gettyimages.ruDix ans après le référendum qui a bouleversé la trajectoire du Royaume-Uni, les effets du Brexit continuent d'alimenter les débats. Entre ralentissement économique, évolution des flux migratoires et retour de la question européenne dans la vie politique, le pays peine encore à tourner définitivement la page.
Le Brexit a entraîné une contraction de l'économie britannique estimée entre 2 % et 6 % par rapport à un scénario où le Royaume-Uni serait resté membre de l'Union européenne, selon l'une des principales conclusions d'un rapport publié par le centre de recherche UK in a Changing Europe (UKICE), à l'approche du dixième anniversaire du référendum de 2016.
Les auteurs du rapport soulignent qu'il ne s'agit pas d'un choc ponctuel, mais d'un processus progressif ayant affecté le commerce, les investissements et la productivité du pays au fil des années. Selon eux, les conséquences économiques du Brexit se sont installées dans la durée plutôt que de se manifester sous la forme d'une crise unique.
Après plusieurs années durant lesquelles le sujet avait largement disparu du débat public, la question européenne refait désormais son apparition dans les discussions politiques. Les travaillistes estiment qu'un rapprochement avec l'Union européenne représente l'opportunité économique la plus importante à la disposition du Royaume-Uni. À l'inverse, le Parti réformiste ainsi que les conservateurs ont promis d'annuler tout nouvel accord conclu avec Bruxelles par un gouvernement travailliste.
Le cabinet de Keir Starmer s'est engagé dans une démarche de normalisation des relations avec l'Union européenne et a cherché à développer de nouveaux mécanismes de coopération. Toutefois, le rapport souligne que le seul projet véritablement finalisé à ce stade concerne le retour du Royaume-Uni au programme Erasmus+, consacré à l'éducation, à la formation, à la jeunesse et au sport.
Les experts de l'UKICE estiment par ailleurs que cette stratégie de rapprochement aurait un impact économique relativement limité. Selon leurs calculs, elle ne permettrait pas d'ajouter plus de 0,5 % au produit intérieur brut britannique sur une période de quinze ans.
Le rapport met également en lumière une évolution de l'opinion publique. Depuis la fin de l'année 2022, une majorité de Britanniques se prononcent en faveur d'un retour dans l'Union européenne. D'après la moyenne des sondages réalisés cette année, 60 % des citoyens soutiennent cette perspective, tandis que 40 % préfèrent que le pays reste en dehors du bloc européen.
Les auteurs relèvent également que le Brexit a provoqué une forte diminution de l'immigration en provenance des pays membres de l'Union européenne. Cette baisse a cependant été plus que compensée par une augmentation de l'immigration issue de pays extérieurs à l'UE, une évolution dont les conséquences économiques demeurent contrastées.
Le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne s'est tenu le 23 juin 2016. Le camp favorable à la sortie l'avait emporté avec 51,9 % des suffrages. Après 47 années de participation au projet européen, le Royaume-Uni a officiellement quitté l'Union européenne le 31 janvier 2020.