Recul du soutien à Reza Pahlavi en Iran
© Getty ImagesLe soutien à Reza Pahlavi recule face à des attentes non satisfaites et des positions contestées. Les appels à manifester en période de guerre sont jugés déconnectés par une partie de la population. L’opposition iranienne reste divisée, sans figure consensuelle pour incarner un changement.
Deux semaines après le déclenchement de la guerre impliquant les États-Unis et Israël contre l’Iran, la figure de Reza Pahlavi semble perdre de sa crédibilité auprès d’une partie des Iraniens.
Longtemps perçu en Occident comme une alternative potentielle au gouvernement en place, il fait désormais face à un scepticisme croissant, nourri par ses prises de position jugées déconnectées de la réalité du pays.
Avant même le conflit, certains reprochaient à l’opposant en exil d’encourager des soulèvements populaires sans mesurer les risques encourus par la population. Des témoignages recueillis par Middle East Eye évoquent un sentiment d’abandon : beaucoup de manifestants auraient cru à un soutien extérieur ou à une stratégie structurée, qui ne s’est jamais matérialisée, d'autant plus que l'opposant en exil ne dispose pas d'un réel ancrage populaire au sein de la population.
Une opposition qui s'effrite
L’appel récent de Pahlavi à manifester lors de la fête de Tchaharchanbé-Souri a accentué ce malaise. Dans un pays frappé par des bombardements et plongé dans l’incertitude quotidienne, cette invitation est perçue par certains comme irréaliste, voire irresponsable. La peur domine, les frappes aériennes sont incessantes, rendant toute mobilisation particulièrement dangereuse.
Par ailleurs, les attentes suscitées par Donald Trump et Benjamin Netanyahou, accusés eux aussi d’avoir laissé entrevoir un soutien aux opposants, ont contribué à renforcer la désillusion. L’absence d’aide concrète a laissé un sentiment de trahison chez certains Iraniens, qui estiment avoir été encouragés à prendre des risques sans protection.
Les critiques portent également sur les positions fluctuantes de Pahlavi concernant le rôle des puissances étrangères, ainsi que sur son silence face aux victimes civiles iraniennes. Ce contraste, relevé dans plusieurs témoignages recueillis par Middle East Eye, alimente le doute quant à sa capacité à incarner une opposition crédible et unificatrice.