«Prédation» et «pantouflage» : un rapport parlementaire porté par LFI alerte sur l’emprise des fonds d’investissement en France

«Prédation» et «pantouflage» : un rapport parlementaire porté par LFI alerte sur l’emprise des fonds d’investissement en France© Francois GOUDIER/Gamma-Rapho Source: Gettyimages.ru
Aurélie Trouvé (à gauche) députée de LFI au côté de Jean-Luc Mélenchon leader de La France Insoumise, lors de la manifestation du 1er mai 2026 à Paris
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Un rapport de commission d’enquête parlementaire, rendu public le 15 juin, dénonce la place «systémique» des fonds d’investissement dans l’économie française. La députée LFI Aurélie Trouvé pointe «prédation», LBO et conflits d’intérêts, tandis que le secteur défend son rôle dans le financement des entreprises.

La rapporteure Aurélie Trouvé (LFI) alerte sur une influence jugée excessive des fonds spéculatifs qui, selon elle, fragilisent le tissu productif national au profit d’intérêts financiers souvent étrangers. La députée évoque un phénomène qui concerne au moins 2,5 millions d’emplois en France dans un contexte haussier du chômage dans le pays.

Le rapport met aussi en cause la banque publique d’investissement BPI France.

 

« Pratiques prédatrices » et transferts de richesse

 

Dans ses conclusions, la commission d’enquête sur « la prédation des capacités productives par les fonds spéculatifs » décrit un système où avantages fiscaux et absence de contrôle favorisent ces acteurs. « D’un côté, il y a des politiques qui favorisent très fortement les fonds d’investissement, notamment des avantages fiscaux, et de l’autre, une absence quasi totale de règles ou de contrôle de pratiques prédatrices », a déploré Aurélie Trouvé auprès de l’AFP.
Sur X, la France insoumise a relayé l’information avec insistance : « Les fonds prédateurs doivent être désarmés. Ils sont en partie responsables de la désindustrialisation du pays », a notamment publié le compte du parti mélenchoniste à l’Assemblée.

Les parlementaires visent particulièrement les opérations de « leveraged buyout » (LBO), ces rachats par endettement qui « organisent méthodiquement le transfert de richesses des entreprises vers leurs actionnaires ». La France serait devenue « le principal terrain de chasse sur le continent européen », selon le rapport, dont l’horizon court des fonds s’oppose souvent à la pérennité des entreprises.

 

Bpifrance et pantouflage dans le viseur

 

La banque publique Bpifrance est accusée de « soutenir fortement » ces fonds et d’être « principalement guidée par la performance financière au détriment de sa mission d’intérêt général ». Son dirigeant Nicolas Dufourcq a rejeté cette analyse, estimant qu’elle ne correspondait « absolument pas à la réalité ».

Le rapport dénonce également le « pantouflage » de hauts fonctionnaires et ministres dans ces structures, illustrant une proximité problématique entre sphère publique et finance privée. Les parlementaires s’inquiètent par ailleurs de l’appétit des fonds pour le secteur de la santé (cliniques, Ehpad, biologie), où l’endettement s’est accéléré, fragilisant selon eux le système.

Face à ces constats, le secteur du capital-investissement, via France Invest, regrette une « vision erronée » et rappelle qu’il finance plus de 11 000 entreprises, dont 8 000 françaises, contribuant à la croissance et à l’emploi. Le président de la commission, Emmanuel Mandon (MoDem), a lui aussi nuancé le ton du rapport dans son avant-propos et a affirmé : « Sur ce sujet, on manque de données objectives […] Ça a eu le mérite de lancer le débat ».

Ces travaux interviennent alors que la France figure parmi les marchés les plus actifs pour cette industrie. Le rapport préconise plusieurs mesures de régulation, dont la fin de certains avantages fiscaux et un meilleur encadrement des LBO.

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