Made in France : la qualité ne compense plus des prix trop chers à l’export
© certification-ameublement.fcba.frUne étude SKEMA-Rexecode publiée le 17 mars révèle que les produits français de consommation excellent sur les critères qualitatifs. Pourtant, leurs prix élevés pénalisent fortement leur compétitivité, entraînant un rapport qualité-prix médiocre et une perte de parts de marché à l’export dans plusieurs secteurs.
Une enquête menée par Skema Business School et Rexecode, menée depuis vingt-cinq ans auprès de 500 grands acheteurs européens, confirme un constat récurrent : le made in France souffre d’un déficit tarifaire structurel. Même si les produits français séduisent par leur qualité, ils sont jugés « hors de prix » pour les consommateurs.
La France occupe le podium dans trois des quatre secteurs étudiés pour la compétitivité hors prix : 2e en agroalimentaire, 3e en pharmacie-hygiène-beauté et 3e en habillement-accessoires. Elle progresse même sur l’innovation et les services associés.
Pourtant, les prix sont jugés peu attractifs : dernière place en pharmacie-hygiène-beauté (10e sur 10), 6e en agroalimentaire, 7e en équipement du logement. Seul l’habillement fait exception (2e), mais avec prudence.
[ACTUALITÉ 🚀] SKEMA et @Rexecode co-signent une étude sur la compétitivité des produits français. Le constat est clair: si l'image et la qualité sont reconnues à l’international, la compétitivité-prix est toujours insuffisante. Détails: https://t.co/WPECWqiE3R#WeAreSKEMApic.twitter.com/zqLGVovWmG
— SKEMA Business School (@SKEMA_BS) March 18, 2026
Le rapport qualité-prix s’en ressent : la France se place en milieu de classement (6e) dans l’agroalimentaire et la pharmacie, avant-dernière (9e) dans l’habillement. Par rapport à 2022, ce ratio se dégrade nettement dans tous les secteurs. L’Allemagne domine grâce à une qualité irréprochable malgré des prix élevés, tandis que les pays d’Europe centrale et orientale conjuguent prix bas et qualité croissante. La Chine gagne du terrain sur les critères qualitatifs.
Ces résultats font écho aux chiffres du commerce extérieur : la part des exportations françaises dans l’UE a fondu de moitié en trente ans dans l’agroalimentaire, la pharmacie et l’équipement du logement. À l’inverse, l’habillement progresse, en phase avec sa bonne perception prix et hors prix.
Philbert Carbon du journal libéral Contrepoints pointe de son côté la surréglementation française et des impôts qui comptent parmi les plus élevés au monde : « Ce sont bien évidemment les impôts et les réglementations qui handicapent les entreprises françaises. Le budget 2026 ne fait qu’aggraver la situation. »
🇫🇷 Ce sont bien évidemment les impôts et les réglementations qui handicapent les #entreprises françaises. A cet égard, le budget 2026 ne fait qu’aggraver la situation. Notre chute ne pourra être stoppée que par l’abaissement de la fiscalité et des normes.https://t.co/DYWqgzTusS
— Contrepoints (@Contrepoints) March 18, 2026
L’étude SKEMA-Rexecode invite à une approche sectorielle : l’équipement du logement cumule les faiblesses, tandis que l’agroalimentaire et la pharmacie maintiennent des positions honorables hors prix. Face à l’Allemagne leader et à l’Asie montante, le made in France doit urgemment regagner en compétitivité tarifaire pour stopper son recul à l’export.