Hausse des prix du carburant : la polémique enfle en France
© Compte X @schelcherLes prix à la pompe flambent depuis le début de la guerre en Iran, avec des augmentations de 5 à 15 centimes par litre en quelques jours. Accusés de profiter de la crise, les distributeurs sont dans le viseur du gouvernement, qui promet des contrôles mais exclut pour l’instant toute baisse de taxes.
L’escalade des tarifs des carburants, observée dès le 4 mars 2026, reflète l’impact anticipé du conflit au Moyen-Orient sur le marché pétrolier, où le baril de Brent a bondi à plus de 80 dollars. Les automobilistes français, paniqués, se ruent dans les stations, amplifiant les tensions locales sans risque réel de pénurie, selon Bercy, tandis que la controverse gagne les réseaux sociaux et l’opposition politique.
Les critiques fusent contre les distributeurs, soupçonnés d’anticiper exagérément la hausse du brut pour gonfler leurs marges. « Des profiteurs de crise », s’indigne Barbara Lefebvre, chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC, alors que le gazole a grimpé de 11,3 centimes en une semaine, à 1,836 euro le litre en moyenne.
Sur l'explosion des prix à la pompe, Barbara Lefebvre a tout dit :
— 🇫🇷 fred le gaulois 🇫🇷 Uniondesdroites 🐱🐱 (@FredGaulois) March 4, 2026
"on essaye de détourner l'attention des gens en leur faisant croire que c'est l'Ukraine, c'est l'Iran, non, c'est les profiteurs de crise et l'Etat prend des taxes là dessus et il est bien content, donc M.Lescure… pic.twitter.com/KgUaXGwc8k
Les stations indépendantes justifient ces ajustements par des coûts d’approvisionnement en forte hausse. Le gouvernement, par la voix de Roland Lescure, ministre de l’Économie, assure une surveillance accrue via la DGCCRF et dénonce toute hausse abusive.
Pourtant, l’opposition, du RN à LFI, réclame des mesures concrètes : blocage des prix ou réduction de la TVA de 20 % à 5,5 %, comme proposé par Marine Le Pen. Bercy refuse, arguant que les taxes (50 à 55 % du prix) financent l’État et que la TICPE reste fixe.
Nous considérons que l'énergie est un produit de première nécessité, c'est pour cela que nous souhaitons baisser la TVA sur l'électricité, le gaz, l'essence et le fioul.
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) March 4, 2026
C'est un effort à faire qui est positif pour l'économie, et qui se financerait par les économies sur le train… pic.twitter.com/AhnIJqOG6M
Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, souligne que la TVA augmente mécaniquement avec la hausse des prix, évoquant une « réalité purement mécanique ». Il déplore que la barre symbolique des 2 euros puisse être franchie pour un produit qui constitue un produit d’appel pour son enseigne.
Pourquoi le prix à la pompe grimpe-t-il plus vite qu'annoncé dans les médias ? Le Ministre de l'économie convoque lui-même les vendeurs de carburant à Bercy demain pour poser cette question.
— Dominique Schelcher (@schelcher) March 4, 2026
On a souvent l’impression que les stations-service changent leurs prix plus vite que… pic.twitter.com/ly8OSmsDZv
Alors que les réserves stratégiques couvrent 90 jours de consommation, l’inquiétude grimpe. Les experts rappellent que les hausses actuelles (7 à 13 centimes) sont inférieures à ce que justifierait l’envolée du baril (+21 dollars en deux mois), selon la règle approximative d’un centime par euro.
L’ancien conseiller scientifique à France Stratégie, Nicolas Mailhan, estime : « On glisse doucement mais sûrement vers la prochaine crise économique déclenchée par des prix élevés de l’énergie. Mais visiblement peu de gens ont l’air de le comprendre. »
85$ le baril de pétrole : on glisse doucement mais sûrement vers la prochaine crise économique déclenchée par des prix élevés de l'énergie. Mais visiblement peu de gens ont l'air de le comprendre. Ils préfèrent garder la tête plantée dans le sable en croisant les doigts. pic.twitter.com/ErTcVd13if
— Nicolas Meilhan (@NicolasMeilhan) March 5, 2026
Les précédents, comme la crise ukrainienne de 2022, où les prix ont dépassé 2 euros, hantent les esprits. Les grandes surfaces, qui captent 60 % du marché, n’ont pas encore lancé d’opérations à prix coûtant, accentuant les soupçons dans un contexte haussier des prix à la pompe depuis le début de l’année. L’Autorité de la concurrence, qui a sanctionné des ententes en Corse en 2025, pourrait être saisie si des abus sont confirmés.