France : vives réactions politiques après la diffusion des images du lynchage à mort d’un militant identitaire
Source: Gettyimages.ruLa mort de Quentin, 23 ans, lynché en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à l’IEP de Lyon, a été annoncé le 14 février. Dans la foulée, la chaîne TF1 a diffusé une vidéo de son passage à tabac. Des images qui ont provoqué un tollé en ligne et dans la classe politique, et qui ont trouvé un écho au-delà des frontières françaises.
« Ces images sont terrifiantes. La milice de Mélenchon et LFI a tué. Paix à ton âme Quentin », a réagi sur X l’eurodéputée Marion Maréchal à la vidéo diffusée par TF1 montrant ce qui serait le passage à tabac à Lyon de Quentin, un jeune homme de 23 ans venu prêter main-forte aux militantes de Némésis. Ce collectif féministe et identitaire était venu protester le 12 février aux abords de l’Institut d’Études Politique (IEP) de Lyon contre la venue de l’eurodéputée de La France insoumise (LFI) Rima Hassan. Un rassemblement au cours duquel une des militantes a été violemment prise à partie. Dans la foulée, le lynchage et l’hospitalisation de Quentin ont été rapportés.
Ces images sont terrifiantes.
— Marion Maréchal (@MarionMarechal) February 14, 2026
La milice de Mélenchon et LFI a tué.
Paix à ton âme Quentin. pic.twitter.com/QGMAh2VcT0
Dans le coma, en état de mort cérébrale, son décès a été annoncé le 14 février par le parquet de Lyon, peu avant la diffusion des images par la chaîne privée. Le parquet a ouvert une enquête pour « coups mortels aggravés », la famille de Quentin a porté plainte pour « meurtre en bande organisée », deux chefs d'accusation pour lesquels les peines encourues diffèrent radicalement. Le collectif Némésis a condamné un « assassinat ». « Il s’agit de faits qui ont été préparés en amont, un véritable guet-apens qui a été tendu et ensuite d’un lynchage avec des coups mortels qui ont été assénés par coups de pied sur le crâne de la malheureuse victime », a déclaré auprès de TF1 Maître Fabien Rajon, avocat de la famille de Quentin.
« L’impunité de l’extrême gauche doit cesser », estime Bardella
Les images ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant une vague de réaction et l’indignation de figures politiques marquées à droite, qui ont pointé du doigt la mouvance antifas, réputée particulièrement virulente dans la capitale des Gaules. « Ce ne sont même pas des animaux, ce sont des salauds ! », a notamment lancé Stéphane Ravier, sénateur (non inscrit) des Bouches-du-Rhône, fustigeant une « meute d'antifas, survoltée par les appels à la haine des leaders LFI ». « Aussi dangereux que minables », a dénoncé David Lisnard, maire Les Républicains (LR) de Cannes et président de l'Association des maires de France, pointant du doigt « une milice d’extrême gauche, préparée, organisée, armée. Des lâches en meutes » et « néo-fascistes ».
« Depuis des années, cette mouvance terroriste bénéficie d’une complaisance médiatique et politique énorme, car elle a de puissants parrains », a dénoncé Florian Philippot, président des Patriotes et ex-vice-président du Front national (devenu Rassemblement national). « Il est temps que ça cesse. Les "antifas" ne sont rien d’autre qu’une organisation criminelle financée par des milliardaires, qui manient la violence, l’intimidation et le meurtre », a-t-il ajouté dans un message publié sur X.
La chef de file des députés RN, Marine Le Pen, a fustigé « l’insupportable impunité des barbares responsables de ce lynchage ». « L’impunité de l’extrême gauche doit cesser » avait enjoint le président du parti, Jordan Bardella, le 13 février, pointant du doigt la Jeune Garde. « Il est temps de prendre conscience du danger que représente, pour nos institutions, pour la démocratie et la société, l’extrême gauche, son intolérance qui cherche à éliminer toute pensée différente, y compris en recourant à l’intimidation et à la violence », avait-il ajouté.
« Les antifas doivent désormais être classés comme organisation terroriste », selon la chef de l’AFD
« C’est l’ultragauche qui manifestement a tué Quentin », a déclaré ce 15 février au micro de RTL – Public Sénat – Le Figaro – M6, le ministre de la justice Gérald Darmanin, pointant du doigt une « complaisance de la France insoumise [...] pour la violence politique ».
Même tonalité du côté de son ancien homologue de la place Beauvau, Bruno Retailleau. « Jean-Luc Mélenchon, la mort atroce de Quentin ne doit rien au hasard : Contrairement à ce que vous prétendez, ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême gauche », rétorquait le président de LR au leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon.
Ce dernier avait dénoncé des « attaques » contre « nos locaux et permanences […] dans tout le pays après l'appel de Retailleau et de Le Pen qui ont couvert et répété des accusations sans aucun fondement contre les insoumis en exploitant le drame survenu à Lyon. Depuis le passage à tabac de Quentin, LFI fustige des « accusations mensongères visant à impliquer la France insoumise dans ce drame » et à accuser l’« extrême droite » de chercher à provoquer « l’escalade ». « En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue », a de son côté condamné le président français Emmanuel Macron après avoir évoqué un « déferlement de violence inouï ».
Depuis vendredi, une dizaines de locaux de la France insoumise ont été vandalisés par des groupuscules d'extrême droite sur la base d'accusations mensongères.
— Manuel Bompard (@mbompard) February 15, 2026
Ils veulent faire dégénérer la situation et faire basculer le débat politique dans la guerre civile.
Il faut faire… pic.twitter.com/W6FUEB9ctt
Au-delà de la classe politique française, la mort de Quentin a fait réagir ailleurs en Europe, notamment en Allemagne. « Quentin D. a été victime d’une foule violente d’extrême gauche qui bénéficie de l’impunité au sein de l’UE », a commenté sur X la députée du Bundestag et co-leader d’Alternative für Deutschland (AFD) Alice Weidel. « Les antifas doivent désormais être classés comme organisation terroriste, comme c’est déjà le cas aux États-Unis », a-t-elle ajouté.
Quentin D. wurde Opfer eines gewalttätigen linken Mobs, der in der EU Narrenfreiheit genießt. Die Antifa muss nun als Terrororganisation eingestuft werden - so wie es in den USA längst der Fall ist. Meine Gedanken sind bei Quentins Angehörigen. pic.twitter.com/BYyBXRNSMX
— Alice Weidel (@Alice_Weidel) February 15, 2026
Un « meurtre » également évoqué par le suprémaciste américain Jared Taylor, dénonçant la « violence inouïe » à laquelle s’abandonneraient les courants de gauche en « perte de terrain ». « Les nationalistes européens forment désormais une force unie », a de son côté commenté Tommy Robinson, figure identitaire de la droite britannique, estimant que « le meurtre du jeune Quentin par des membres d'antifas a ouvert la boîte de Pandore ».
« On va lui mettre une balle dans la tête » : quand Arnault parlait de la chef de Némésis
« Le meurtre est puni de réclusion criminelle à perpétuité lorsqu’il est commis par plusieurs personnes agissant en bande organisée. Article 221-4 du code pénal », comme l’a rappelé l’ex-magistrat Charles Prats, appelant à l’ouverture « rapide » d’une information judiciaire criminelle et souligné que cette affaire « particulièrement sensible [….] peut avoir des répercussions jusque chez certains élus députés ». Une allusion au député LFI du Vaucluse Raphaël Arnault, cofondateur du groupe antifas la Jeune Garde accusé d’être derrière le lynchage de Quentin.
Dans un tweet, Raphaël Arnault, - Archenault, de son vrai nom -, a déclaré « apprend[re] ce décès avec horreur et dégoût » et d’affirmer « ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue ». « Raphaël, tu es responsable […] Ton groupe appelle au meurtre depuis des années, violente et tabasse. Un jour tu paieras pour Quentin et les autres », lui a rétorqué Erik Tegnér, fondateur et président de Frontières, un média qui avait notamment révélé fin 2025 la condamnation définitive de Raphaël Arnault à quatre mois de prison avec sursis pour violence en réunion.
Une sincérité, de Raphaël Arnault, d’autant plus difficile à croire que celui-ci est notoirement connu pour l’animosité qu’il nourrit à l’encontre d’Alice Cordier, directrice de Némésis. « Cette bouffonne d’Alice Cordier qui repartage les Kurdes. J’ai un conseil à lui donner : qu’elle vienne là-bas, vers les Kurdes. On va lui mettre une balle dans la tête. C’est tout ce qui va se passer », aurait-il déclaré lors d’une mobilisation en hommage à Dominique Bernard à Lyon, en octobre 2023, selon un enregistrement sonore capté par l’influenceuse Mila et diffusé à l’époque sur les réseaux sociaux. Contacté par La Provence, alors qu’il était candidat à la députation sous la bannière du Nouveau Front Populaire, Raphaël Arnault avait dénoncé « un montage ». Quelques semaines plus tard, il devenait le premier député fiché S.