Après l’effondrement de son influence dans les pays francophones, Macron tente un virage diplomatique vers l’Afrique anglophone

Après l’effondrement de son influence dans les pays francophones, Macron tente un virage diplomatique vers l’Afrique anglophone
Emmanuel Macron entouré de soldats, avec en arrière-plan le continent africain, les drapeaux de l’AES, du Kenya et du Nigeria, ainsi qu’une pancarte « France, dehors ». [Photo générée à l’aide de l’IA]
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Rejetée dans la plupart des pays francophones, la France tente de se repositionner sur le continent africain. Emmanuel Macron redirige désormais sa stratégie vers les pays anglophones, espérant y restaurer une influence affaiblie. Mais cette reconversion intervient dans un climat de méfiance généralisée envers les puissances occidentales.

La France ne cache plus ses efforts pour relancer sa politique africaine. Après avoir été poussée vers la sortie dans plusieurs capitales francophones, c’est désormais vers des partenaires anglophones comme Nairobi et Abuja que Paris se tourne. L’accord militaire en préparation entre la France et le Kenya en est le symbole. Signé en octobre 2025 par l’ambassadeur Arnaud Suquet et la ministre kényane de la Défense Soipan Tuya, il doit être ratifié par le Parlement kényan en février. Selon Africa Intelligence, le texte prévoit un encadrement militaire, des échanges de renseignement, une coopération maritime ainsi qu’un appui aux opérations de paix.

Ce repositionnement intervient alors que la France a été contrainte de quitter le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Selon le chercheur nigérien Seidik Abba, « ce n’est pas vrai de dire que c’est la France qui a décidé de partir ». Il pointe les pressions populaires et politiques contre une présence devenue synonyme d’ingérence. Dans ce contexte, Emmanuel Macron affirme vouloir dépasser « les liens historiques ou linguistiques » pour établir de nouveaux partenariats et organisera en mai 2026 un sommet Afrique-France à Nairobi, capitale anglophone, pour concrétiser ce virage.

Certains observateurs voient dans cette initiative moins une ouverture qu’un aveu de faiblesse. Sur RFI, un analyste estime que « la France est très mal équipée, voire désarmée, pour être crédible dans cette région ». Paris mise aussi sur le Nigeria. Le président Bola Tinubu a été reçu à Paris à deux reprises en quelques mois. Ce rapprochement illustre une volonté de renforcer les liens avec les grandes puissances anglophones, alors que la France perd du terrain dans ses anciennes sphères d’influence.

Une présence occidentale sous tension

Mais même dans les pays anglophones, la présence militaire occidentale suscite des tensions. Au Kenya, la British Army Training Unit (Batuk), basée à Nanyuki, est au cœur de plusieurs scandales, allant d’abus sexuels à des dégradations environnementales. L’assassinat en 2012 d’Agnes Wanjiru, attribué à un militaire britannique, continue d’envenimer les relations avec Londres. Africa Intelligence rappelle que « l’opinion publique a vivement dénoncé l’immunité dont jouiraient les soldats britanniques face à la justice kényane ».

Ce virage vers l’Afrique anglophone ne signifie pas pour autant un changement de méthode. Les pratiques opaques de l’ancienne présence française en Afrique francophone continueraient de se déployer sous d’autres formes et sur d’autres terrains. Dans ce contexte, les révélations publiées le 2 février sur l’implication présumée des services secrets français dans des projets de déstabilisation de dirigeants africains viennent éclairer d’un jour nouveau les ambitions de Paris.

Selon le Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie, Emmanuel Macron aurait autorisé un plan ciblant notamment la Centrafrique, Madagascar, le Burkina Faso et le Mali, en soutien à des opérations clandestines et à des groupes armés.

Des accusations similaires ont été portées par le chef de l’APC sud-africain, Themba Godi, qui a déclaré que la France aurait été impliquée dans près de vingt tentatives de coup d’État au Burkina Faso, et qu’il existait également des preuves de la main de l’Occident dans le terrorisme qui ravage le Mali et le Niger.

Alors que les regards se tournent vers Nairobi, la stratégie française se heurte à une réalité persistante : celle d’une opinion africaine de plus en plus allergique à toute forme de présence militaire occidentale. La tentative de substitution des partenaires francophones par des anglophones pourrait bien reproduire les mêmes erreurs, sous une autre bannière.

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