Libye : la CPI ouvre la voie au procès d’un ex-directeur de prison accusé de crimes contre l’humanité
La CPI a confirmé le 16 juillet les charges contre Khaled Mohamed Ali el-Hishri, ancien directeur de la prison de Mitiga, près de Tripoli. Accusé de tortures, meurtres et crimes contre l’humanité commis entre 2015 et 2020, il doit être jugé pour 17 chefs d’accusation. Ce sera le premier procès lié à l’enquête de la CPI sur la Libye post-Kadhafi.
La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé la tenue prochaine d’un procès très attendu concernant les crimes commis dans les prisons libyennes après la chute de Mouammar Kadhafi. Les juges ont validé le 16 juillet les charges visant Khaled Mohamed Ali el-Hishri, ancien directeur de la prison de Mitiga, située près de Tripoli.
Âgé de 48 ans, l’ancien responsable pénitentiaire est accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour des faits qui auraient été commis entre 2015 et 2020. Il devra répondre de 17 chefs d’accusation.
Surnommé « l’Ange de la mort » par d’anciens détenus, el-Hishri est présenté par les procureurs de la CPI comme un acteur central des violences infligées aux prisonniers de Mitiga. Des témoins l’ont décrit lors des audiences préliminaires comme l’un des principaux responsables des sévices commis dans cet établissement.
Selon l’accusation, ses méthodes auraient notamment inclus des actes de torture, des violences physiques graves et des exécutions de détenus. La procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, a affirmé que certaines pratiques visaient à terroriser les prisonniers ainsi que les autres membres du personnel carcéral.
Arrêté en Allemagne en 2024 avant d’être transféré à la CPI, Khaled Mohamed Ali el-Hishri nie l’ensemble des accusations portées contre lui. Ses avocats contestent également la compétence de la Cour pour le juger, mais les magistrats ont rejeté cet argument, permettant l’ouverture officielle de la procédure.
Aucune date de procès n’a encore été annoncée. Cette affaire constitue une première pour la CPI, qui n’avait jusqu’ici jamais organisé de procès issu de son enquête sur les crimes commis en Libye depuis le soulèvement de 2011 et la chute du régime de Mouammar Kadhafi.