Détroit d’Ormuz : l’Afrique menacée par une pénurie d’engrais et une flambée alimentaire

Détroit d’Ormuz : l’Afrique menacée par une pénurie d’engrais et une flambée alimentaire© Wiki commons
Le porte-conteneurs Nicolas Delmas décharge des conteneurs au port de Zanzibar en Tanzanie. [Photo d'illustration]
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La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran, à la suite de l’agression militaire américano-israélienne, menace gravement les importations d’engrais et d’aliments en Afrique. Un tiers du commerce maritime mondial d’engrais transite par ce passage stratégique, et l’Afrique subsaharienne demeure très dépendante des fournisseurs du Golfe.

Le risque d’une pénurie d’intrants agricoles s’accroît à mesure que la guerre en Iran se poursuit, avec comme conséquence des hausses de prix alimentaires et une économie continentale qui reste suspendue au conflit qui agite le Moyen-Orient, dans un contexte d’échec américain à mobiliser une coalition dans le détroit.

La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, verrou stratégique du golfe Persique, bouleverse les chaînes d’approvisionnement mondiales en engrais et expose l’Afrique à une crise économique et alimentaire majeure.

Depuis les frappes américano-israéliennes fin février 2026, le trafic maritime y a chuté de près de 97 %, selon l’UN Trade and Development (UNCTAD), bloquant environ un tiers des flux maritimes mondiaux d’engrais, dont une part significative d’urée, d’ammoniac et de phosphates issus des pays du Golfe.

L’UN Trade and Development met ainsi en garde contre « les risques pesant sur l’énergie, les engrais et les économies vulnérables ».

L’Afrique, où la consommation d’engrais reste faible comparée à la moyenne mondiale, est particulièrement vulnérable. Près de 19 % des engrais importés en Afrique subsaharienne provenaient du Moyen-Orient entre 2020 et 2022, avec des pics plus élevés dans plusieurs pays : 54 % pour le Soudan, 31 % pour la Tanzanie, 30 % pour la Somalie, 26 % pour le Kenya et 22 % pour le Mozambique. Au Kenya et en Afrique du Sud, jusqu’à 30 à 50 % des fertilisants importés venaient du Golfe en 2024. Le Malawi et le Burundi dépendent respectivement à 61,6 % et 75,4 % de ces sources. 

Même le Maroc, premier exportateur africain de phosphates via le groupe OCP, reste tributaire de matières premières venues du Golfe, notamment du soufre émirati et de l’ammoniac saoudien.

Cette rupture logistique s’accompagne d’une flambée des prix : l’urée a augmenté de 60 dollars par tonne en Égypte, principal hub alternatif pour l’Afrique, tandis que les coûts de fret maritime et les primes d’assurance-guerre explosent. La production d’engrais azotés, dépendante du gaz naturel via le procédé Haber-Bosch, subit aussi le contrecoup de la hausse énergétique.

Des producteurs du Golfe comme QatarEnergy, Industries Qatar et SABIC Agri-Nutrients ont suspendu leurs expéditions, invoquant la force majeure.

Une bombe alimentaire à retardement

Les répercussions se font déjà sentir sur les marchés alimentaires. La hausse des engrais renchérit les coûts de production, poussant certains États à restreindre leurs exportations de céréales pour protéger leurs marchés intérieurs.

La représentante de la diplomatie européenne Kaja Kallas a admis que « la fermeture du détroit d'Ormuz [...] pose également des problèmes pour les engrais et que, s’il y a un manque d'engrais cette année, cela va également entraîner une privation alimentaire l'année prochaine ».

Le riz et le blé pourraient être particulièrement touchés, dans un contexte de hausse des carburants agricoles et des tarifs de fret. L’UN Food Programme et des analystes avertissent d’une possible baisse des rendements pour les campagnes 2026-2027, surtout en Afrique de l’Est où les semis de la saison des grandes pluies (mars-juin) exigent des intrants disponibles dès maintenant.

L’UNCTAD et l’IFDC appellent à une surveillance accrue des marchés et à des mécanismes d’urgence pour maintenir les flux. Sans résolution rapide du conflit, le continent risque une insécurité alimentaire amplifiée, dans un contexte déjà marqué par des crises humanitaires au Soudan ou en Somalie.

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