Afrique : la moyenne d’endettement en baisse en 2025 malgré un record mondial
© Unsplash / Sid Ahmed SAOUDAlors que la dette mondiale atteint un niveau inédit, le continent africain enregistre en 2025 un recul modéré mais significatif de son ratio dette/PIB. Une amélioration fragile, portée par des réformes budgétaires et des restructurations, mais encore menacée par de fortes vulnérabilités.
L’Afrique amorce un désendettement progressif en 2025. Selon le rapport « Global Debt Monitor » de l’Institut de la finance internationale (IIF), le ratio moyen dette publique/PIB du continent est passé de 63,7 % fin 2024 à 62,8 %, marquant une baisse modérée mais symbolique dans un contexte mondial tendu.
Cette évolution contraste avec un endettement planétaire record, estimé à 315 % du PIB mondial. À l’échelle globale, la dette totale culmine à 100 000 milliards de dollars, tirée notamment par les États-Unis (130 % du PIB) et le Japon (260 %).
Des réformes et restructurations déterminantes
En Afrique subsaharienne, le ratio atteignait 63,2 % fin 2024, avec une baisse attendue en 2025 grâce à plusieurs réaménagements de dette, notamment au Ghana et en Zambie. En Afrique du Nord, le niveau moyen se stabilise autour de 55 %, soutenu par les efforts engagés par l’Algérie et l’Égypte après des opérations de restructuration.
Les flux nets de dette chutent à 18 milliards de dollars par an, signe que les remboursements dépassent désormais les nouveaux décaissements. Cette dynamique s’explique par des politiques budgétaires plus strictes, une meilleure gestion des finances publiques et l’appui de partenaires multilatéraux.
Une amélioration encore fragile
Malgré cette tendance positive, la situation demeure précaire. Environ 20 à 22 pays africains restent en situation de surendettement ou à haut risque, pour un stock total estimé à 1 860 milliards de dollars. Le service de la dette absorbe en moyenne 25 % des recettes fiscales, limitant les marges de manœuvre pour les dépenses sociales et d’infrastructure.
La croissance, attendue autour de 3,5 %, reste insuffisante pour accélérer le désendettement, dans un contexte marqué par les politiques d’austérité et l’exposition aux chocs extérieurs.
Diversification et ambitions régionales
L’IIF estime qu’une accélération de la croissance à 4,5 % et la poursuite des réformes permettraient de stabiliser durablement la dette. Plusieurs leviers sont activés : émissions d’obligations vertes, recours accru aux prêts concessionnels de la BAD et de l’Union européenne, renforcement des stratégies nationales de gestion de la dette.
La montée en puissance de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et la numérisation fiscale devraient également accroître les ressources internes. Les États multiplient par ailleurs les audits d’entreprises publiques endettées et intensifient la lutte contre les flux financiers illicites, estimés à 88 milliards de dollars par an.
Objectif affiché : ramener progressivement le ratio dette/PIB sous la barre des 60 % à l’horizon 2030, tout en préservant les investissements nécessaires au développement.