Le gouvernement français va organiser, au premier semestre 2027, un grand exercice de black-out électrique à l’échelle nationale. Et pour cause : les services de renseignement seraient persuadés que la Russie attaquera en septembre. Pour Karine Bechet, il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
Comment ? Oseriez-vous encore douter de la « menace russe » ? Oui ? Pourtant, depuis le temps qu’on vous en parle, qu’on vous explique qu’elle est hybride et invisible, mais bien réelle ! Toujours pas convaincus ? Alors, nous allons vous l’organiser.
Le gouvernement part à l’assaut. Et on ne plaisante pas chez ces gens-là. Les préfets sont mobilisés : les Français doivent sentir ce qu’est la « menace russe ». Rien de tel qu’un black-out général de la France. Même virtuel. Il se prépare, on en parle, la « menace russe » se concrétise, les préfets peuvent jouer à « la Patrie en danger » sans risque.
Et Ouest-France l’exprime clairement : « Les préfets vont rassembler les acteurs de la sécurité et les représentants des collectivités locales pour identifier tous les sites sensibles de leur département et mettre sur pied un exercice majeur pour tester la résilience de la population. »
Le gouvernement n’entend pas tester la résistance... des infrastructures énergétiques, mais bien celle de la population. Le lapsus d’Ouest-France est révélateur. Une population qui n’est pas préparée, qui a d’autres problèmes — réels, ceux-là —, comme payer ses factures. C’est banal, certes. Trop banal. Il faut donc faire comprendre aux Français qu’il existe des problèmes plus importants que ceux qui, pourtant vitaux à leurs yeux, semblent tellement mesquins au gouvernement. Que vaut la paupérisation de la population française face à la « menace russe » ? Monsieur ! Un peu de décence, voyons !
La « menace russe » de cette Russie qui est « en plein naufrage budgétaire », selon Atlantico, dont l’armée est tellement affaiblie que même la BBC s’inquiète pour ses soldats dans ce remarquable monument de propagande : « Brûlés, touchés par balle et blessés : comment la Russie renvoie ses soldats blessés sur la ligne de front ». Une Russie qui, selon Public Sénat, recule même sur le front.
Logique : la Russie est tellement faible qu’elle présente une menace vitale… Passons.
Mais la Russie, selon les renseignement français se prépare à attaquer les infrastructures énergétiques, hydrauliques, ferroviaires... en septembre. Pourquoi septembre ? Il paraît que c’est le moment propice. Soit, argument de poids. Donc, pas août ni octobre, mais septembre. C’est noté.
Et cette attaque, qui est d’une ampleur telle qu’elle doit conduire à un black-out électrique du pays, serait « en même temps » difficilement imputable à la Russie.
Dans la mesure où ces attaques contre les infrastructures énergétiques critiques du pays sont censées être réalisées à l’aide de frappes de drones, on peut se demander comment ces engins pourraient voler aussi discrètement depuis la Russie et survoler incognito le territoire européen avant d’arriver en France… Certainement avec des lunettes noires, sinon je ne vois pas comment.
Donc, pour « préparer la population » à ces frappes que la Russie aurait prévu de mener — pourquoi, on ne sait pas, mais comme il s’agit de la Russie, personne ne se donne la peine d’argumenter —, le gouvernement prévoit de secouer sérieusement la population et de la plonger dans une ambiance de préguerre.
Les Français sont trop mous. Si tous les sondages vous affirment qu’ils voient la Russie comme un pays ennemi ou comme un danger pour la souveraineté (et qui oserait ne pas croire en l’objectivité des sondages commandés ?), difficile de leur faire sentir le danger militaire et de les faire marcher au pas de l’oie.
Les préfets sont donc sommés de mettre le peuple de France en transe, de faire du bruit, de lancer de grands mouvements, de faire souffler les vents.
Lors de la réunion du 18 septembre à l’Élysée avec les partis politiques, Emmanuel Macron a sorti la grosse artillerie : il faut protéger les infrastructures critiques ainsi que les sites industriels et technologiques de défense les plus sensibles, notamment ceux qui travaillent pour le front ukrainien. Et ensuite, il faudra organiser un black-out électrique pour voir comment les Français réagissent et comment les infrastructures le supportent. Tous les partis furent bien gentils, alignés, fiers d’être invités et, évidemment, prêts à servir le pouvoir — même contre le pays.
Ainsi, même si les Français ne sentent pas au quotidien la fameuse « menace russe », ils devront l’intégrer grâce à cet exercice. Lequel devra leur faire peur, puisque la peur est le meilleur moteur de la soumission.
Ensuite, ils pourront penser que la menace russe est terrible. Puisque c’est le gouvernement français, et non pas russe, qui les menace d’un black-out.
Pourtant, le gouvernement a encore peur, lui aussi, d’aller jusqu’au bout. Et à ce jour, l’exercice devrait se dérouler sur table, c’est-à-dire sans coupures réelles. C’est dire à quel point il a confiance dans la résilience et des infrastructures critiques, et de la population…
Il est temps d’ouvrir les yeux : pour les pays occidentaux et leurs habitants, le danger ne vient pas de la Russie, mais de ces élites atlantistes qui les dirigent.
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