Colonisation israélienne en Cisjordanie : plus de 500 ex-responsables européens pressent l’UE d’agir
© Getty ImagesPlus de 500 anciens diplomates et responsables européens demandent à l’UE de sanctionner les acteurs impliqués dans le projet israélien E1 en Cisjordanie. Ils réclament aussi des restrictions commerciales visant les colonies et une révision des relations économiques avec Israël.
Plus de 500 anciens ministres, diplomates et hauts responsables européens appellent l’Union européenne à durcir sa réponse face à l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée. Parmi les signataires figurent notamment Dominique de Villepin, Alain Juppé, Josep Borrell ou encore les anciens Premiers ministres Yves Leterme et Stefan Löfven. Dans une tribune publiée ce 5 octobre, ils demandent à Bruxelles de passer des condamnations diplomatiques aux mesures concrètes.
Leur principale inquiétude concerne le projet E1, situé à l’est de Jérusalem. Israël a relancé ce programme, qui prévoit plusieurs milliers de logements. L’Union européenne estime elle-même que son achèvement couperait davantage la Cisjordanie en deux et isolerait Jérusalem-Est du reste du territoire palestinien, compliquant fortement la création d’un État palestinien territorialement viable. Bruxelles considère les colonies israéliennes en Cisjordanie comme illégales au regard du droit international, position rejetée par le gouvernement israélien.
Plus de 500 000 Israéliens vivent dans les colonies
Les signataires souhaitent notamment sanctionner les banques et entreprises participant au projet E1, interdire tout commerce européen avec les colonies et avancer sur une suspension partielle des dispositions commerciales de l’accord d’association UE-Israël. Ils demandent que ces mesures soient examinées lors de la réunion des ministres européens des Affaires étrangères prévue le 12 octobre.
L’appel intervient alors que la colonisation s’est accélérée ces dernières années. Plus de 500 000 Israéliens vivent aujourd’hui dans des colonies en Cisjordanie, au milieu d’environ trois millions de Palestiniens. Plusieurs États européens ont déjà adopté ou annoncé des restrictions visant les produits des colonies, mais une réponse commune reste difficile en raison des divisions entre États membres.
Pour les anciens responsables européens, l’enjeu dépasse donc le seul projet E1 : il s’agit de savoir si l’UE entend utiliser son poids économique pour défendre concrètement la solution à deux États qu’elle affirme soutenir depuis des décennies.