56% des Européens voient l’avenir de l’UE «en danger», selon l’ECFR
© Mustafa Yalcin/Anadolu Source: Gettyimages.ruUne étude du Conseil européen des relations internationales révèle une crise de confiance majeure : 56% des citoyens estiment l’Union en péril, malgré un attachement toujours fort au projet européen.
Alors qu’Ursula von der Leyen finalise son discours sur l’état de l’Union, prévu le 16 septembre à Strasbourg, une enquête d’envergure menée par le Conseil européen des relations internationales (ECFR) et la Fondation culturelle européenne dresse un diagnostic alarmant.
Publiée ce 9 septembre, cette cinquième « boussole du sentiment européen » souligne un sentiment de déclin largement partagé et la perception d’un danger pour l’avenir de l’UE.
Un attachement intact face à une désillusion profonde
Les Européens restent majoritairement attachés à l’Union (74 % en moyenne). Pourtant, 68 % évoquent une « détérioration générale » de la situation, et seulement 12 % parlent de « réveil et de renouveau ». 74 % jugent que l’Europe peine à répondre aux défis, sa lenteur et sa bureaucratie étant souvent pointées du doigt. Pour 56 % d’entre eux, l’avenir de l’UE serait même « en danger ».
L’étude repose sur 5 834 entretiens approfondis réalisés en France, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Pologne et Royaume-Uni, complétés par une analyse qualitative dans 15 pays.
En France, deuxième pays en population et contributeur net au budget de l’UE, c’est une minorité de citoyens qui ont confiance en Bruxelles avec seulement 38 % contre 51 % en moyenne dans le reste de l’Union dans un contexte de soumission volontaire de l’exécutif français à la Commission européenne.
🇪🇺Eurobaromètre 105 : une opinion publique européenne en hausse (51 % de confiance, 81 % de soutien à la défense), mais une adhésion surtout utilitaire et fragile.
— Confrontations Europe (@Confront_Europe) September 2, 2026
La légitimité de l’UE est-elle durable ou dépendante des crises ?
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« De nombreux citoyens, en particulier les “indécis”, souhaitent une Europe plus forte, plus intégrée et plus indépendante. Mais ils ont du mal à imaginer une voie crédible », explique Pawel Zerka, auteur de l’étude.
Ce « déficit d’imagination » favorise selon lui la politique de la nostalgie.
Les chercheurs classent les citoyens en quatre catégories : 19 % de « positifs », 39 % de « négatifs » (proches des scores de certains partis eurosceptiques), 12 % de « déconnectés » et 31 % d’« indécis ».
Ces derniers constituent un réservoir électoral pour qui saura apporter des preuves concrètes plutôt que des promesses.
Sur X, un internaute relève : « Selon la recherche menée par le Conseil européen des relations internationales et la Fondation européenne de la culture, près de 7 Européens sur 10 estiment que la situation de l'Union se détériore ».
Je lisais ce matin dans La Libre titre : Les Européens doutent de la capacité de l'Union à prendre son futur en main : "L'hypocrisie de l'Europe, c'est aussi sa faiblesse"
— Jean-Claude JOSSART (@JCLJOSSART) September 9, 2026
Selon la recherche menée par le Conseil européen des relations internationales et la Fondation européenne… pic.twitter.com/ZkmRn76A3m
Comme le résume André Wilkens, directeur de la Fondation culturelle européenne : « La bonne nouvelle, c’est que la plupart des Européens croient en l’idée d’une Europe unie. La mauvaise, c’est qu’ils doutent de sa capacité à tenir ses promesses ». Un enthousiasme très relatif pour un fonctionnaire qui doit sa place à l’existence d’une Union dont les dernières illusions semblent prendre fin à Kiev.