Six pays de l'UE veulent amputer le futur budget européen 2028-2034 de plusieurs centaines de milliards d'euros

Six pays de l'UE demandent de réduire de plusieurs centaines de milliards d'euros le futur budget européen pour 2028-2034. Ils jugent la proposition de la Commission trop élevée et appellent à davantage de «discipline budgétaire», sans nouveaux emprunts communs, tout en redéfinissant les priorités de l'UE.
L'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède et la Finlande demandent une réduction de plusieurs centaines de milliards d'euros du prochain budget à long terme de l'Union européenne, prévu pour la période 2028-2034, selon une déclaration commune publiée le 27 août par le gouvernement allemand.
Les six pays estiment que la proposition de la Commission européenne, qui approche les 2 000 milliards d'euros, doit être revue à la baisse afin de parvenir à un compromis acceptable entre les États membres.
Pour ces gouvernements, l'Union européenne doit faire des choix plus clairs dans ses dépenses et revoir ses priorités. Ils reconnaissent que le prochain cadre financier pluriannuel peut augmenter pour permettre à l'UE de répondre à ses objectifs stratégiques, mais considèrent que cette hausse doit rester modérée.
La plupart des États membres cherchent déjà à réduire leurs dépenses et à rééquilibrer leurs finances publiques. Pour les six pays signataires, l'Union européenne doit suivre la même logique : son budget ne peut pas continuer à augmenter sans tenir compte des efforts demandés aux gouvernements nationaux.
Ils attirent également l'attention sur le niveau particulièrement élevé des engagements de paiement encore en attente dans le cadre financier actuel, ainsi que sur l'existence de mécanismes de transfert situés en dehors du budget européen. Selon eux, les négociations sur le prochain budget doivent donc prendre en compte l'ensemble des flux financiers de l'Union.
Les six gouvernements demandent par ailleurs aux institutions européennes de fonctionner avec leurs effectifs actuels. Ils souhaitent corriger les déséquilibres jugés excessifs entre les contributions versées au budget européen et les sommes reçues par les différents États.
Les six pays rejettent en revanche l'idée de recourir à de nouveaux emprunts communs pour répondre aux difficultés budgétaires. À leurs yeux, un nouvel endettement partagé entre les États membres ne peut pas remplacer les réformes structurelles.
Malgré ces divergences, l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède et la Finlande disent soutenir l'objectif de parvenir à un accord sur le futur budget dès 2026. Selon Politico, les discussions s'annoncent toutefois difficiles. Plusieurs des principaux contributeurs au budget européen envisageraient même de laisser les négociations échouer, estimant que cela pourrait leur coûter moins cher que d'accepter la proposition actuelle de la Commission.
Présenté en juillet, le projet de cadre financier pluriannuel pour 2028-2034 prévoit un budget de près de 2 000 milliards d'euros sur sept ans. Il doit notamment financer l'agriculture, le développement régional, la défense, la politique migratoire, la recherche et l'aide extérieure. Son adoption nécessite l'accord unanime de tous les États membres de l'Union européenne ainsi que l'approbation du Parlement européen.