Gaza : rats et insectes prolifèrent autour de milliers de corps toujours ensevelis sous les décombres
Source: Gettyimages.ruRats, moustiques, puces et poux prolifèrent dans la bande de Gaza, où des milliers de corps restent coincés sous les décombres. Le manque d'équipements, les eaux usées et l'absence de reconstruction aggravent les menaces sanitaires qui pèsent sur les habitants.
À Gaza, les habitants font face à une aggravation des problèmes sanitaires provoquée par la multiplication des rats et d'autres rongeurs. Selon des témoignages recueillis par le Financial Times auprès de résidents de l'enclave et d'organisations internationales, la présence de nombreux corps encore ensevelis sous les décombres favorise la prolifération de ces animaux.
Un habitant, cité par le quotidien britannique, explique que de gros rongeurs se nourrissent des corps restés sous les ruines et que leur nombre a fortement augmenté. Il précise que ces animaux pénètrent jusque dans les tentes où vivent les déplacés et endommagent régulièrement vêtements et objets personnels, obligeant les familles à jeter quotidiennement une partie de leurs biens.
La situation est aggravée par les difficultés rencontrées pour déblayer les zones détruites. L'UNICEF a indiqué que les équipements nécessaires aux opérations de déblaiement ne sont pas autorisés à entrer dans l'enclave. Les responsables de l'organisation ont souligné l'absence d'espaces disponibles pour stocker les gravats retirés lors des opérations de nettoyage.
D'après un autre résident, les eaux usées provenant de fosses creusées par les habitants attirent également les rats. Faute d'accès à un réseau d'assainissement fonctionnel, de nombreuses familles sont contraintes de trouver des solutions de fortune pour gérer les eaux usées.
Outre les rongeurs, la population doit également faire face à la présence de moustiques, de puces et de poux. Dans un contexte marqué par la destruction des infrastructures, l'accumulation des déchets et la stagnation des eaux usées, ces nuisibles augmentent les risques d'infections et de propagation de maladies.
Depuis l'entrée en vigueur de la trêve entre le Hamas et Israël en octobre 2025, aucun travail de reconstruction n'a été entrepris dans l'enclave. Les autorités de Gaza ont par ailleurs reconnu ne pas disposer des ressources nécessaires pour lutter efficacement contre l'invasion de rongeurs et d'insectes. Elles estiment ne plus être en mesure de contrôler pleinement l'ampleur du phénomène, alors que les préoccupations sanitaires continuent de grandir au sein de la population.
Les autorités locales estiment qu’au moins 8 000 dépouilles se trouveraient encore sous les ruines de bâtiments détruits par la guerre israélienne.