Quand des soldats israéliens torturent un enfant palestinien devant son père pour lui arracher des aveux de collaboration avec le Hamas
© X / WAFA News AgencyDes actes de torture perpétrés par des soldats israéliens contre un enfant dans le centre de Gaza, afin de contraindre son père à avouer entretenir des liens avec l’organisation Hamas, ont suscité de vives réactions à l’international face au coût humain de la guerre.
Les condamnations ont fusé de la part des soutiens de la cause palestinienne, des défenseurs des droits humains et d’une partie de la communauté internationale à la suite d’informations et de témoignages faisant état d’actes de torture d’un enfant palestinien âgé d’à peine 18 mois, près du camp de réfugiés d'Al-Maghazi dans le centre de Gaza, par des soldats israéliens. L’enfant, nommé Karim Abu Nassar, aurait été torturé lors d’un interrogatoire contre son père Oussama Abu Nassar, afin de soutirer des aveux à celui-ci concernant une collaboration présumée avec le Hamas, selon ce qu’a rapporté la télévision palestinienne le 22 mars.
Traces de torture
L’enfant a été récupéré par son grand-père auprès des représentants de la Croix-Rouge. Ce n’est que bien plus tard que la mère et la grand-mère de l’enfant se sont rendues compte qu’il était blessé. Emmené à l’hôpital, le jour de la fête de l’Aïd, le diagnostic des médecins a conclu que « les marques sur le corps de l’enfant étaient des signes de torture et non des blessures ordinaires. Ils ont précisé qu’il ne s’agissait pas de blessures causées par des éclats d’obus ni d’accidents domestiques, mais du résultat d’un objet pointu qu’on a enfoncé puis retiré de la plante de son pied », a indiqué le grand-père. Des brûlures de cigarette à l’intérieur du genou, et sur l’autre jambe, des traces de piqûres faites avec une sorte d’instrument pointu auraient également été constatées, selon lui.
Toujours selon le grand-père, le personnel de la Croix-Rouge ignorait l’existence des traces de sévices sur le corps de l’enfant. Quant au père de Karim, il aurait été intercepté par des soldats israéliens alors qu'il allait acheter des provisions avec son fils. Contraint de laisser l'enfant au sol, il a été déshabillé et interrogé à un checkpoint militaire. Il serait actuellement en détention avec une blessure à l’épaule, recevrait des soins et ne serait pas incarcéré, selon leurs dires. L’enfant n’a été libéré qu’au bout de près de dix heures après l'arrestation du père.
Stupeur et émotion
Du côté des militants, des organisations de défense des droits humains, et même des internautes sur les réseaux sociaux, l’affaire a suscité une vive émotion et beaucoup de stupeur face à un épisode pour le moins choquant des abus perpétrés par l’armée israélienne contre les Palestiniens. Pour certains militants, si ce dernier épisode est à inscrire dans la longue série de violations israéliennes, il constitue tout de même un « point de rupture » révélant un coût humain de plus en plus lourd.
L’armée israélienne dément avoir torturé l’enfant palestinien
Sollicitée pour un commentaire sur cette affaire, l'armée israélienne a démenti les accusations affirmant que ces « allégations » sont « totalement infondées et servent la propagande du Hamas ». Elle a même accusé un membre du Hamas d’avoir emmené l’enfant dans une zone dangereuse, afin de « servir de bouclier humain ». L’armée a affirmé avoir soigné l’enfant et l’avoir « placé sous la surveillance constante d'un médecin » et de soldats supplémentaires qui auraient prodigué les soins médicaux nécessaires, jusqu'à sa prise en charge par la Croix-Rouge, affirme le communiqué israélien.
Concernant les blessures du père de l’enfant, l’armée israélienne a indiqué avoir utilisé des tirs de sommation pour « contraindre le suspect à s'arrêter et à s'éloigner » expliquant qu’« il est probable que des éclats de verre aient causé des blessures légères au suspect et à l'enfant ».