Le Liban prêt à envisager des négociations avec Israël pour éviter une guerre prolongée
© Getty ImagesLe gouvernement libanais se dit prêt à envisager des négociations avec Israël pour mettre fin à la guerre. Le Premier ministre Nawaf Salam affirme que Beyrouth reste ouvert à tout format de dialogue sous parrainage international. Parallèlement, l’exécutif réaffirme son objectif de placer toutes les armes sous l’autorité de l’État libanais.
Face à l’escalade militaire et aux destructions croissantes au Liban, le gouvernement libanais se dit prêt à explorer toutes les pistes diplomatiques, y compris des négociations avec Israël, afin d’éviter un conflit prolongé. Dans un entretien accordé à L'Orient-Le Jour, le Premier ministre Nawaf Salam a reconnu que la situation actuelle oblige Beyrouth à envisager de nouvelles options pour mettre fin aux hostilités.
Selon lui, les autorités libanaises ont tenté d’éviter la guerre dès le départ. « Nous avons tout fait pour éviter cette guerre en multipliant les appels à la retenue », a-t-il affirmé, rappelant que le Liban n’avait « aucun intérêt direct ou indirect à se laisser entraîner dans ce conflit ». Beyrouth dit avoir reçu des assurances du Hezbollah sur une absence d’intervention, ainsi que des garanties indirectes d’Israël selon lesquelles aucune opération ne serait lancée si le mouvement chiite restait en retrait. « Tout cela n’a pas tenu 48 heures », déplore le chef du gouvernement.
Le gouvernement libanais totalement désarmé
Depuis le début du conflit, l’exécutif libanais tente de mobiliser ses partenaires internationaux afin d’obtenir un arrêt des combats. Nawaf Salam affirme être en contact avec des pays arabes, européens et avec les États-Unis pour encourager une désescalade. Il a notamment remercié l’Arabie saoudite pour son soutien ainsi que la France, dont les initiatives diplomatiques restent à ce stade parmi les principales tentatives de médiation.
Dans ce contexte, Beyrouth se dit prêt à examiner différentes formes de dialogue avec Israël. « Nous sommes ouverts à discuter de tout agenda, de tout format et de tout lieu », a déclaré le Premier ministre, évoquant la possibilité de négociations incluant une composante civile et un parrainage international. L’objectif serait d’obtenir un arrêt rapide des combats, même si aucune initiative concrète n’a encore été formalisée.
Parallèlement, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de reprendre progressivement le contrôle total des armes sur le territoire libanais. Nawaf Salam a rappelé que les activités militaires du Hezbollah avaient été déclarées illégales par le Conseil des ministres, tout en précisant que Beyrouth ne cherchait pas une confrontation directe avec le mouvement. « Nous ne cherchons pas une confrontation avec le Hezbollah, mais nous ne nous laisserons pas intimider », a-t-il affirmé.
Alors que plusieurs centaines de milliers de civils ont déjà été déplacés, le Premier ministre insiste sur l’urgence d’une solution politique. Pour lui, seule une dynamique régionale fondée sur le principe « la terre contre la paix » peut permettre d’éviter que la guerre actuelle ne se transforme en conflit durable.