La Norvège durcit les conditions d’asile pour les hommes ukrainiens en âge de conscription militaire

La Norvège durcit les conditions d’asile pour les hommes ukrainiens en âge de conscription militaire Source: Gettyimages.ru
Des passants défilent devant le Storting, le bâtiment du Parlement norvégien, le 5 septembre 2025 à Oslo, en Norvège.
Suivez RT en français surTelegram

Oslo va revoir les règles d’accueil des déplacés ukrainiens en âge de combattre. Les autorités norvégiennes prévoient de supprimer la protection collective automatique pour les hommes de 18 à 60 ans, estimant nécessaire d’encadrer plus strictement les arrivées alors que la question des effectifs militaires en Ukraine reste sensible.


La Norvège engage un tournant clair dans sa politique d’accueil des déplacés ukrainiens. Le ministère norvégien de la Justice a confirmé que les hommes âgés de 18 à 60 ans ne bénéficieraient plus de la protection collective temporaire accordée jusqu’à présent sur la base d’une évaluation de groupe.

Concrètement, d’après le communiqué officiel du gouvernement norvégien diffusé le 27 février 2026, ces hommes – sauf exceptions précises – ne recevront plus de permis de séjour automatique. Ils devront désormais déposer une demande d’asile selon la procédure ordinaire, plus stricte et plus longue. La réforme ne concernera que les nouveaux arrivants et ne remettra pas en cause les droits des Ukrainiens déjà protégés.

La ministre de la Justice, Astri Aas-Hansen, a justifié cette décision par la nécessité d’une immigration « contrôlée, durable et équitable ». Dans ce même communiqué du 27 février 2026, elle explique que depuis l’automne 2025, les autorités observent une hausse du nombre de jeunes hommes ukrainiens entrant sur le territoire norvégien. Elle rappelle également que la Norvège est le pays nordique ayant accueilli le plus grand nombre d’Ukrainiens, estimant qu’un ajustement des règles est désormais nécessaire.

Une pression assumée sur les capacités d’accueil

Les chiffres avancés par Oslo illustrent cette situation. Environ 83 000 Ukrainiens vivent actuellement en Norvège sous protection temporaire. Le projet de réforme doit être soumis au vote du parlement le 12 mars.

Le député du Parti du progrès Erlend Wiborg a déclaré que les Ukrainiens en état de combattre devraient se trouver en Ukraine. Cette position s’inscrit dans un débat plus large en Europe, où plusieurs États réévaluent leurs dispositifs d’accueil face à la durée du conflit et aux contraintes budgétaires croissantes.

En 2024, la Norvège avait déjà cessé d’accorder automatiquement l’asile aux personnes originaires de six régions ukrainiennes considérées comme sûres, notamment la région de Lvov, la Volhynie et la Transcarpatie. Depuis cette décision, très peu de demandes issues de ces zones ont été acceptées.

Dans son communiqué du 27 février 2026, le gouvernement indique que près de 100 000 déplacés ukrainiens ont été accueillis et répartis dans les municipalités norvégiennes depuis le déclenchement du conflit. Plusieurs communes font état d’une pression accrue sur les services publics ainsi que d’un manque persistant de logements, des difficultés mises en avant par Oslo pour expliquer le durcissement des règles d’accueil.

En arrière-plan, la question des effectifs militaires

Ce changement intervient alors que la situation des forces ukrainiennes reste marquée par de grandes difficultés de recrutement. Le manque d’effectifs constitue un problème majeur pour l’armée ukrainienne.

Au moins 200 000 militaires ukrainiens auraient quitté leurs unités sans autorisation, d’après une déclaration du ministre ukrainien de la Défense en janvier 2026.

Depuis le début de l’opération militaire spéciale, la loi martiale et la mobilisation générale sont en vigueur en Ukraine. L’âge de conscription a été abaissé et les obligations des hommes concernés ont été renforcées. Dans ce contexte, le départ à l’étranger d’hommes en âge de combattre revêt une dimension stratégique évidente.

Tout en réaffirmant que son soutien à Kiev demeure constant, le gouvernement norvégien estime devoir adapter sa politique migratoire à ses capacités internes. Si le Parlement valide la réforme le 12 mars, les nouvelles règles devraient entrer en vigueur peu après, marquant un nouveau resserrement des conditions d’accueil pour les hommes mobilisables.

Raconter l'actualité

Suivez RT en français surTelegram

Le plus populaire

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par ANO « TV-Novosti » de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service). En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services. Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix». Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix». Réseaux sociaux Désactiver cette option empêchera les réseaux sociaux de suivre votre navigation sur notre site et ne permettra pas de laisser des commentaires.

OK

RT en français utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix