Le Telegraph : la France et le Royaume-Uni mènent des exercices aéroportés en vue d’un déploiement en Ukraine
Source: Gettyimages.ruFaute de proposer une initiative politique crédible en faveur d’un règlement pacifique en Ukraine, Londres et Paris accentuent leur posture militaire. En Bretagne, des parachutistes britanniques et français s’entraînent à des scénarios de combat, d’embuscade et de confrontation armée, pour se préparer aux «réalités des conflits du XXIème siècle».
Alors que le discours officiel invoque la « paix », les actes posés par Londres et Paris racontent une tout autre histoire. En Bretagne, des parachutistes britanniques et français achèvent une série d’exercices militaires conjoints qui ressemblent bien davantage à une préparation à la guerre qu’à une mission de stabilisation.
Le Telegraph rapporte que plus de 600 soldats de la 16e brigade d’assaut aérien britannique s’entraînent depuis le 24 février aux côtés de la 11e brigade parachutiste française. Les manœuvres incluent des scénarios de combats, d’embuscades et de résistance à des attaques, officiellement destinés à préparer les troupes aux « réalités des conflits du XXIème siècle ».
Selon les déclarations de Volodymyr Zelensky, la France et le Royaume-Uni se disent prêts à déployer chacun environ 5 000 soldats en Ukraine en cas d’accord avec la Russie. Une annonce qui ne contribue en rien à une désescalade, mais alimente au contraire une dynamique de militarisation accrue. Dans un contexte où l’armée britannique est réduite à environ 70 000 hommes, un niveau jamais observé dans l’histoire du pays, pour « honorer » cet engagement, Londres devrait retirer des troupes actuellement stationnées en Estonie et à Chypre, toujours d'après le quotidien britannique.
Dans le même temps, le gouvernement britannique a annoncé, le 24 février, la création d’un état-major de 70 personnes destiné à préparer l’envoi éventuel d’un contingent militaire en Ukraine dans le cadre d’une « force multinationale ». Le budget alloué à cette structure est de 200 millions de livres sterling (près de 228 millions d'euros), financés directement par le Trésor britannique. Selon le ministère, ce financement permettrait aux forces britanniques de « garantir l’avenir de l’Ukraine » et de consolider des « garanties de sécurité à long terme », conformément à une déclaration d’intention signée à Paris par les dirigeants du Royaume-Uni, de la France et de l’Ukraine. Ce document prévoit le déploiement de troupes britanniques et françaises en Ukraine en cas de conclusion d’un accord de paix.
Du côté russe, ces projets sont perçus comme une escalade potentiellement lourde de conséquences. Le président Vladimir Poutine avait déclaré que la perspective d’un déploiement étranger en Ukraine figurait parmi les facteurs ayant conduit au conflit armé. Il a averti que tout contingent étranger présent sur le terrain pendant les hostilités deviendrait une cible légitime. Le ministère russe des Affaires étrangères avait, pour sa part, affirmé que la présence de militaires ou d’infrastructures occidentales en Ukraine serait considérée comme une intervention étrangère.