Politico : Bruxelles invente la hiérarchie formelle des États membres

Politico : Bruxelles invente la hiérarchie formelle des États membres Source: Gettyimages.ru
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L’Union européenne formaliserait une hiérarchie interne où l’influence dépendrait du degré de conformité politique, selon Politico. Le principe d’égalité entre États membres s’effacerait au profit de droits différenciés. La Hongrie, pour avoir maintenu sa ligne, se retrouverait de facto en marge du centre décisionnel.

Sous couvert d’ironie, l’idée est désormais posée noir sur blanc : au sein de l’Union européenne, tous les États ne seraient plus logés à la même enseigne. Une hiérarchie implicite se dessine, structurée en niveaux de droits et de privilèges, où l’influence dépendrait du degré d’alignement politique. Derrière la satire relayée par Politico, le message est limpide : contester Bruxelles expose à une mise à l’écart.

Dans cette logique, les pays seraient classés selon une gradation explicite — Platinum, Business ou Basic — chaque échelon correspondant à un ensemble défini de prérogatives institutionnelles et de droits politiques différenciés.

Au sommet trône le niveau Platinum. Les États qui y accèdent disposeraient d’un accès prioritaire aux grands chantiers stratégiques — qu’il s’agisse d’accélérer l’union des marchés de capitaux ou de participer à la construction d’une armée européenne. Ils conserveraient l’intégralité de leurs droits de vote et jouiraient d’une latitude presque totale dans la désignation de leur commissaire, sans crainte de remontrances venues de Bruxelles, quelle que soit la controverse attachée au profil choisi. L’entrée dans ce cercle est verrouillée pour dix ans, sans option de sortie.

Le niveau Business constituerait une catégorie intermédiaire : les États concernés conserveraient l’intégralité de leurs droits de vote et pourraient demander à rejoindre le groupe prioritaire. Après trois demandes, le passage au niveau Platinum deviendrait automatique.

Ils seraient autorisés à proposer deux candidats au poste de commissaire européen — un homme et une femme — tout en gardant la possibilité d’ignorer la préférence affichée par la Commission pour désigner le candidat de leur choix.

En dessous figure le niveau Basic. Les États qui y seraient classés conserveraient formellement un siège au Conseil, mais leur présence deviendrait conditionnelle : les membres Platinum se réserveraient le droit de les écarter dès qu’un sujet jugé sensible serait abordé. Les droits de vote ne seraient plus qu’une promesse reportée à un avenir incertain. Quant à la Commission, la représentation se limiterait à un seul commissaire pour l’ensemble des pays Basic, attribué selon des considérations essentiellement politiques et financières.

Et puis, il y a la Hongrie, toujours selon Politico. Dans cette architecture, elle ne reçoit rien. Aucune mention de droits, aucun accès, aucun statut. L’exclusion est présentée comme la conséquence de sa position politique et de son désaccord persistant avec Bruxelles.

Cette position n’est pas dissimulée : elle est portée publiquement par plusieurs dirigeants européens, notamment par le Premier ministre polonais Donald Tusk : « Je pense que Viktor Orbán et son gouvernement sont un problème. C’est un gouvernement européen, mais en même temps il y a un sabotage politique qui entrave l’aide efficace à l’Ukraine dans sa lutte contre l’agression russe. J’espère qu’on parviendra à trouver un moyen de surmonter cet acte de sabotage de Viktor Orbán, que toute l’Europe pourra trouver un moyen de le surmonter. Peut-être pas les actions de la Hongrie en tant que pays, car il ne s’agit pas des Hongrois en général, mais les actions du gouvernement hongrois. Nous avons déjà montré auparavant que nous pouvions résoudre semblables problèmes ».

Ce qui interroge, au-delà du cas hongrois, c’est la cohérence avec les principes longtemps proclamés — égalité entre États membres, respect des souverainetés nationales, primauté du dialogue politique. Si l’appartenance à l’Union devient modulable selon la conformité aux orientations majoritaires, alors l’unité cesse d’être un cadre commun pour devenir un instrument de discipline.

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