Les États-Unis redéploient au Moyen-Orient le porte-avions Gerald R. Ford, impliqué dans l’opération contre Maduro
© US NavyWashington renforce sa présence militaire au Moyen-Orient. Le porte-avions Gerald R. Ford, impliqué dans l’opération américaine contre le Venezuela, doit rejoindre le groupe naval de l’Abraham Lincoln dans le golfe Persique. Cette décision intervient dans le contexte des tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Le USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions du monde, s’apprête à quitter la mer des Caraïbes pour rejoindre le Moyen-Orient, selon des responsables militaires américains cités par le New York Times. Le bâtiment et son groupe d’escorte doivent intégrer le dispositif naval déjà déployé autour du porte-avions USS Abraham Lincoln dans le golfe Persique.
Cette décision marque une nouvelle extension de la présence militaire américaine dans la région, alors que Washington multiplie les démonstrations de force pour peser sur les négociations avec Téhéran.
Initialement déployé en juin 2025 pour une mission en Europe, le Gerald R. Ford avait ensuite été redirigé vers les Caraïbes dans le cadre des opérations américaines contre le président vénézuélien Nicolás Maduro. Le 3 janvier, des avions embarqués sur le navire ont participé au raid contre Caracas ayant conduit à l’enlèvement illégal du dirigeant vénézuélien et de son épouse. Cette opération a suscité de nombreuses critiques internationales concernant l’ingérence militaire américaine en Amérique latine.
Pression accrue sur l’Iran malgré des discussions en cours
Le redéploiement du Gerald R. Ford prolonge une mission déjà étendue une première fois. Selon le New York Times, les 4 000 membres d’équipage ne devraient pas regagner leur base avant la fin avril ou début mai, ce qui retarde également des opérations de maintenance prévues sur le navire.
Ce transfert s’inscrit dans la stratégie américaine visant à contraindre l’Iran à modifier son programme nucléaire. Donald Trump a récemment averti que l’échec des négociations pourrait entraîner une réponse militaire « très dure ».
Des discussions indirectes ont pourtant eu lieu en ce mois de février à Oman entre représentants américains et iraniens. Si les deux parties ont évoqué un dialogue « constructif », aucun compromis concret n’a été trouvé. Téhéran continue de défendre son droit à l’enrichissement d’uranium à des fins civiles. « Nous ne céderons pas à des exigences excessives », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Une escalade militaire qui inquiète la région
Avec l’arrivée du Gerald R. Ford, les États-Unis disposeront de deux groupes aéronavals dans la région. Un troisième porte-avions, le USS George H. W. Bush, pourrait également être mobilisé. Ce renforcement s’ajoute à une présence déjà composée de destroyers, de missiles de croisière et d’unités aériennes.
Cette concentration de forces intervient dans un Moyen-Orient déjà fragilisé par plusieurs conflits récents. Certains États de la région redoutent qu’une confrontation militaire directe entre Washington et Téhéran ne déclenche une nouvelle escalade régionale sans précédent.
En Iran, la situation intérieure reste tendue. Des cérémonies de deuil en mémoire des victimes des troubles récents continuent de rassembler une partie de la population, accentuant les pressions politiques internes.
Sans préciser la durée du déploiement, la Maison Blanche confirme néanmoins une orientation plus offensive de sa politique régionale au Moyen-Orient. Cette évolution illustre le recours croissant de Washington aux moyens militaires pour tenter d’imposer ses conditions dans les négociations internationales.