Marine Le Pen : «Il est grand temps de nettoyer les écuries d'Augias» de la dette française
© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ruAlors que le taux d’emprunt français à dix ans a atteint 4,10%, niveau inédit depuis 2008, Marine Le Pen fustige le «bilan implacable de dix ans de macronisme» et promet de remettre de l’ordre dans les comptes publics si elle est élue. D’autres candidats s’emparent aussi du sujet.
La flambée des taux souverains, qui place la France parmi les points de fragilité de la zone euro, transforme la dette en enjeu central de la pré-campagne présidentielle.
Les candidats multiplient les prises de position pour dénoncer la situation ou proposer des solutions alors que le déficit du pays est reparti à la hausse selon les chiffres publiés début août par le ministère de l'Action et des Comptes publics.
Marine Le Pen charge le « macronisme »
Mercredi 19 août, la candidate du Rassemblement national a réagi sur X à la nouvelle hausse des taux : « Voilà le bilan implacable de dix ans de macronisme et d'une politique économique que je n'ai eu de cesse de combattre : les taux auxquels emprunte la France atteignent de tristes records depuis la crise financière de 2008 ».
Elle accuse Emmanuel Macron et Édouard Philippe d'avoir fait « des chèques sans provision dont il faut désormais payer les conséquences ». Et d'ajouter : « Il est grand temps de nettoyer les écuries d'Augias que sont devenues les comptes de la nation ! ». Elle se dit prête à le faire avec « courage et détermination ».
Voilà le bilan implacable de dix ans de macronisme et d’une politique économique que je n’ai eu de cesse de combattre : les taux auxquels emprunte la France atteignent de tristes records depuis la crise financière de 2008.
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) August 19, 2026
Ce bilan aurait été encore plus terrible sans la… pic.twitter.com/zSgb57ma1I
Cette envolée des taux s'inscrit dans un mouvement mondial, amplifié par les tensions au Moyen-Orient et la hausse du pétrole. Le rendement à trente ans frôle les 5 %.
La charge de la dette devrait atteindre environ 64 milliards d'euros en 2026, selon les estimations, et pourrait encore grimper davantage. Les marchés considèrent la France comme particulièrement vulnérable, d'autant que peu de candidats manifestent clairement des politiques d'austérité et que le pays est le plus gourmand de l'Union européenne en matière de dépenses publiques.
David Lisnard, candidat de Nouvelle Énergie, a également réagi sur X en soulignant que les intérêts de la dette coûteront cette année « plus cher aux Français que le budget de l'Éducation nationale ». Il appelle à « un vrai plan d'intervention » pour revoir le modèle de l'État-providence et gérer l'État « en mode projet ».
« La dette, c'est pas virtuel », insiste-t-il, en allusion aux propositions d'annulation évoquées par Jean-Luc Mélenchon, qui préconise de supprimer tout bonnement la dette : « Il suffit de prendre les titres de dette et de les f*** au feu ! ».
Quand nous faisons le plein d’essence ou remplissons notre caddie au supermarché, quand nous payons nos impôts, nous payons plus désormais pour les seuls intérêts de la dette de l’Etat que pour l’Education Nationale, plus que pour l’armée, 7 fois plus que pour la Justice !
— David Lisnard (@davidlisnard) August 19, 2026
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La question de la dette, qui pèse déjà sur la préparation du budget 2027, est un boulet pour le centre macroniste et ses candidats, alors que Fitch doit rendre son verdict sur la réévaluation de la dette souveraine de la France le 28 août. À quelques semaines des premiers travaux budgétaires à l'Assemblée, le sujet devrait se trouver au cœur des débats présidentiels.