La France prête à saisir la justice après le traitement «odieux» des militants de la flottille pour Gaza
© france-palestine.orgSébastien Lecornu a annoncé envisager une action judiciaire française face aux «actes absolument odieux» infligés par Israël à des militants, dont 37 Français, interceptés en mer. Le Premier ministre a réagi avec fermeté à la vidéo diffusée par le ministre israélien Itamar Ben-Gvir, montrant des activistes agenouillés et mains liées.
Six jours après la diffusion de vidéos attestant de mauvais traitement en marge de l’interception d’une flottille partie de Turquie en direction de Gaza, le Premier ministre français a réagi et condamné l’attitude des autorités de Tel Aviv. Sébastien Lecronu soulève des questions sur le respect du droit international et la protection des ressortissants français.
Une condamnation sans réserve
« Plus que les images, les actes [sont] absolument odieux, choquants » et « nous les condamnons sans réserve, car ils sont choquants humainement, ils sont choquants au regard du droit international », a déclaré Sébastien Lecornu à l’Assemblée nationale le 26 mai, en réponse au chef de file des députés écologistes Cyrielle Chatelain.
Le chef du gouvernement a précisé que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, allait recevoir les avocats des militants concernés. « Puisqu’il s’agit de ressortissants français, nous n’excluons pas une saisine de notre propre justice sur l’ensemble des agissements tels qu’on a pu les constater sur cette vidéo », a-t-il ajouté. « On ne peut pas s’en prendre à des citoyens français en toute impunité ».
Les membres de la flottille pour Gaza violentés : "Nous n'excluons pas une saisine de notre propre justice sur l'ensemble des agissements tels qu'on a pu les constater sur cette vidéo", réagit le Premier ministre @SebLecornu. #QAG#DirectANpic.twitter.com/LjvhZS5hws
— LCP (@LCP) May 26, 2026
La vidéo publiée par Itamar Ben-Gvir a provoqué un tollé international. On y voit les militants, dont plusieurs Français, maintenus au sol sur le pont d’un navire israélien. De retour en France, plusieurs d’entre eux ont dénoncé des violences, attouchements et humiliations pendant leur détention dans le sud d’Israël. Des images qui ont même poussé à des critiques au sein de l’exécutif israélien, le chef de la diplomatie israélienne ayant même accusé Ben-Gvir d'avoir « sciemment nui » à l'image d'Israël.
ככה אנחנו מקבלים את תומכי הטרור
— איתמר בן גביר (@itamarbengvir) May 20, 2026
Welcome to Israel 🇮🇱 pic.twitter.com/7Hf8cAg7fC
La flottille, composée d’une cinquantaine de navires, visait à briser symboliquement le blocus imposé à Gaza. Sur plus de 430 personnes interceptées, toutes ont été expulsées.
Dans l’hémicycle, le député LFI Emmanuel Fernandes a de son côté profité de l’occasion pour accuser le gouvernement français de « couvrir les dirigeants israéliens qui ont tous les mains couvertes de sang » et de réclamer l’interdiction de l’espace aérien français aux États-Unis et à Israël.
Flottilles pour Gaza : "Celles et ceux qui les organisent, s'y joignent ou les soutiennent sont les seuls vrais porteurs du message de la France", juge @EmmanFernandes avant d'accuser le gouvernement de "couvrir les dirigeants israéliens qui ont tous les mains couvertes de sang". pic.twitter.com/zgMpdzts1z
— LCP (@LCP) May 26, 2026
Le 25 mai, les autorités françaises avaient annoncé l’interdiction de territoire pour le ministre Ben-Gvir tandis que cette affaire intervient dans un contexte tendu, quatre ans après le début du conflit à Gaza et alors que la guerre en Palestine s’est largement intégrée au débat public en France.