Durée de rétention des OQTF dangereux : la gauche rejette son allongement, une majorité de Français le plébiscite
© Xavier ROSSI/Gamma-Rapho Source: Gettyimages.ruAlors que la gauche à l’Assemblée nationale a récemment fait dérailler une proposition de loi visant à prolonger la durée de rétention en CRA des OQTF condamnés pour violences et jugés dangereux, un sondage paru ce 18 avril révèle que les Français sont très largement favorables à une telle mesure.
C’est un résultat sans appel : dans un sondage de l’Institut CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD publié ce 18 avril, 82 % des Français se prononcent en faveur de l’allongement de la durée maximum de maintien en centre de rétention administrative (CRA) pour les étrangers jugés dangereux et faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Un sondage qui fait écho à une proposition de loi du député de la majorité Charles Rodwell, visant à porter à 210 jours cette durée de rétention en CRA pour les OQTF « définitivement condamnés pour des faits d'atteinte aux personnes punies d'au moins trois ans d'emprisonnement », et qui représentent « une menace réelle, actuelle et d'une particulière gravité pour l'ordre public ». Pour l’heure, cette durée de rétention est de 90 jours maximum et de 180 pour les individus condamnés pour terrorisme.
Examiné cette semaine dans l’hémicycle du Palais Bourbon, où il a rencontré une forte opposition de la gauche, l’un des articles clés de ce texte législatif soutenu par le gouvernement a finalement été vidé de sa substance par un amendement de la députée écologiste Léa Balage El Mariky adopté le 16 avril par 84 voix contre 77.
« Un centre de rétention administrative, c’est la prison sans le procès », avait fustigé depuis la tribune de l’Assemblée, lors du premier jour d’examen du texte, la députée socialiste Céline Hervieu, dénonçant un « choix de l’arbitraire» et un « enfermement indéfini et perpétuel » à « la discrétion de l’administration ».
« Croyez-moi, nous serons au combat pour rétablir cette mesure qui est à mon avis majeure pour assurer la sécurité des Français », a promis Charles Rodwell. Le texte doit faire l’objet d’un vote global à l’Assemblée nationale le 5 mai.