Salon de l’agriculture 2026 : la Coordination rurale boycotte l’inauguration en présence d’Emmanuel Macron

Salon de l’agriculture 2026 : la Coordination rurale boycotte l’inauguration en présence d’Emmanuel Macron Source: Gettyimages.ru
Emmanuel Macron lors de la journée d'inauguration du 61e Salon de l'Agriculture à Paris, le 22 février 2025. [Photo d'archive]
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Le Salon de l’agriculture 2026 s’ouvre sur fond de contestation du monde agricole. La Coordination rurale boycottera l’inauguration par Emmanuel Macron, dénonçant des réponses jugées insuffisantes face à la crise. Entre tensions sanitaires et inquiétudes sur la souveraineté alimentaire, l’événement prend une dimension politique affirmée.

À la veille de l'ouverture du Salon de l’agriculture 2026, la tension est palpable. La Coordination rurale (CR) a confirmé ce 20 février qu’elle ne participerait pas à l’inauguration officielle en présence d’Emmanuel Macron, rompant avec le protocole traditionnel.

Le président de la CR Bertrand Venteau a déclaré : « Dans l’instant, nous ne souhaitons pas être présents au petit-déjeuner en compagnie du président de la République ».

La visite présidentielle suit un rituel bien établi : petit-déjeuner, inauguration, puis déambulation dans les allées du parc des expositions. Cette année, le climat s’annonce plus tendu. « Je lui déconseille d’essayer de venir nous voir, l’accueil risque d’être rude », a averti François Walraet, secrétaire général du syndicat.

La CR ne prévoit pas de mobilisation structurée, mais n’exclut pas des réactions spontanées. « Il peut y avoir des agriculteurs qui lui manifestent leur colère, de manière pacifique ». Et de rappeler : « C’est le salon des agriculteurs, surtout pas des politiques ».

Le message est clair : Emmanuel Macron « n’est pas le bienvenu (…) si c’est pour vanter les mérites d’une agriculture qu’il n’a pas défendue ». Le syndicat demande des mesures concrètes pour protéger les exploitations face à « la concurrence déloyale du reste du monde ».

Une édition marquée par une crise profonde

Ce boycott s’inscrit dans un contexte plus large. La Confédération paysanne a, elle aussi, annoncé qu’elle ne participerait pas à l’inauguration. Le syndicat dénonce l’absence de remise en cause de « l’abattage total » dans la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse et le manque de « mesures de protection structurelle pour le revenu paysan ».

Le symbole le plus fort de cette édition 2026 reste l’absence de bovins. Pour la première fois depuis la création du Salon en 1964, aucune vache ne sera présentée. Cette décision a été prise « par précaution et par solidarité » avec les éleveurs touchés par la dermatose. Un choix inédit qui illustre la gravité de la situation.

Depuis trois ans, la colère agricole ne retombe pas. Les mobilisations successives ont porté sur les revenus, la gestion sanitaire et les accords de libre-échange, notamment entre l’Union européenne et le Mercosur. De nombreux agriculteurs estiment que la multiplication des normes et l’ouverture accrue des marchés fragilisent leur compétitivité et leur avenir.

Les débats sur la loi Duplomb et la question des pesticides ont également ravivé les tensions entre exigences environnementales et contraintes économiques.

Un Salon sous haute surveillance

Face aux risques de débordements, les organisateurs ont renforcé l’encadrement. Une charte limite les délégations politiques à 25 personnes, interdit le tractage et prévoit des parcours sécurisés. « Il ne faut pas que cela devienne une mêlée », a expliqué Arnaud Lemoine, président du CENECA.

La FNSEA, principale organisation syndicale, ne boycottera pas l’événement. Elle appelle à un « climat apaisé », tout en reconnaissant qu’une crise « se déroule depuis maintenant trois ans ». Le syndicat attend néanmoins des annonces claires concernant la future « loi d’urgence agricole », dont les contours restent imprécis.

À un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, le Salon de l’agriculture dépasse ainsi le simple cadre festif. Derrière les discours officiels, la question de la souveraineté alimentaire et de la protection du modèle agricole demeure centrale. Sur le terrain, beaucoup jugent que les réponses apportées jusqu’ici restent insuffisantes face aux défis économiques auxquels ils sont confrontés.

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