Washington exige que Pretoria quitte les BRICS, tollé politique en Afrique du Sud

Washington exige que Pretoria quitte les BRICS, tollé politique en Afrique du Sud© Per-Anders Pettersson Source: Gettyimages.ru
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, accompagné des dirigeants des BRICS, le président chinois Xi Jinping et le Premier ministre indien Narendra Modi, dans une photo de groupe.
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Les propos du nouvel ambassadeur américain à Pretoria, appelant l’Afrique du Sud à se retirer des BRICS et à abandonner sa plainte contre Israël devant la CIJ, lui ont valu les foudres de partis politiques qui ont réagi de manière virulente, rappelant au diplomate que l’Afrique du Sud ne se fera pas dicter ses politiques.

Dans un discours prononcé lors de la conférence BizNews 2026, le 10 mars, le nouvel ambassadeur américain en Afrique du Sud, Leo Brent Bozell III, a évoqué la frustration des États-Unis et du président Donald Trump à l’égard du gouvernement sud-africain, qu’il accuse de ne pas s’être conformé aux « cinq demandes » américaines.

Celles-ci concernent notamment l’amendement de la loi sur l'expropriation, les politiques d’émancipation économique des Noirs, la condamnation du slogan anti-apartheid « Tuez les Boers », l’adoption de mesures accordant la priorité aux meurtres dans les fermes afin de protéger les agriculteurs blancs, ainsi que l’exigence que Pretoria quitte les BRICS et abandonne sa plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice.

L’absence de réponse du gouvernement sud-africain à ces demandes a été interprétée par l’ambassadeur comme « une déclaration ».

L’ambassadeur américain a également dénoncé ce qu’il a qualifié d’« insultes » contreproductives prononcées par le président Cyril Ramaphosa à l’encontre de Donald Trump lors d’une interview accordée au New York Times et publiée la semaine dernière. Selon Leo Brent Bozell III, critiquer Trump « n'est pas bon signe ».

Dans une autre déclaration surprenante pour un diplomate, il a également affirmé qu’« envoyer des lettres de condoléances à l’Iran après la mort de l’un des plus grands terroristes du monde n’est pas bon signe non plus ».

L’EFF demande l’expulsion de l’ambassadeur américain

Ces déclarations, formulées dans un ton jugé conflictuel, voire brutal et méprisant, ont suscité de vives réactions politiques.

Le parti Combattants pour la liberté économique (EFF) a dénoncé des « menaces arrogantes et prétentieuses » et affirmé que les « cinq demandes » émanaient d’« une administration Trump belliciste et meurtrière d’enfants ». L’EFF a appelé à l’expulsion de Leo Brent Bozell III et à sa déclaration persona non grata.

Concernant les plus de 500 entreprises américaines opérant en Afrique du Sud, évoquées par l’ambassadeur, l’EFF a souligné que si elles contribuent à l’emploi, elles rapatrient également des profits qui pourraient bénéficier à l’économie sud-africaine.

« Toute suggestion selon laquelle leur présence commerciale en Afrique du Sud serait un signe de ‘bonne volonté’ ou de ‘diplomatie commerciale’ de la part des États-Unis témoigne de l’illettrisme économique et politique qui gangrène aujourd’hui la Maison Blanche », a déclaré le parti.

L’ANC défend l’indépendance diplomatique de Pretoria

Le secrétaire général du Congrès national africain (ANC), Fikile Mbalula, a également réagi aux propos de l’ambassadeur américain en rappelant l’indépendance politique de son pays.

« Nous devons clairement faire savoir à tous ceux que nous accueillons dans notre beau pays, y compris le nouvel ambassadeur américain, que la politique de relations internationales de l’Afrique du Sud ne sera dictée par personne d’autre que les Sud-Africains et leur gouvernement », a-t-il déclaré.

Concernant l’exigence américaine d’un retrait sud-africain des BRICS, Fikile Mbalula a réaffirmé que « l’Afrique du Sud croit en un monde multipolaire respectueux du droit international et des institutions qui soutiennent le multilatéralisme ».

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