Un sénateur américain menace l'Arabie saoudite pour son refus d’entrer en guerre contre l’Iran
© Getty ImagesLe sénateur Lindsey Graham a critiqué l’Arabie saoudite pour son refus de participer à la guerre contre l’Iran. Les États du Golfe privilégient la prudence et refusent d’autoriser des opérations offensives depuis leur territoire. Ces divergences accentuent les tensions entre Washington et ses partenaires arabes.
Les tensions diplomatiques se sont accrues entre Washington et plusieurs monarchies du Golfe après les déclarations du sénateur américain Lindsey Graham, qui a vivement critiqué l’attitude de l’Arabie saoudite face à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Sur le réseau X, l’élu républicain a reproché à Riyad de refuser d’engager ses forces armées contre la République islamique et s’est interrogé sur la pertinence d’un futur accord de défense avec le royaume si celui-ci ne participe pas à ce qu’il considère comme un combat d’intérêt commun.
Cette sortie intervient alors que des informations relayées par Middle East Eye indiquent que les autorités saoudiennes ont refusé de permettre aux forces américaines d’utiliser leurs bases pour mener des opérations offensives contre l’Iran.
La pression américaine s’est accentuée après la mort d’un septième soldat américain, blessé lors d’une frappe iranienne, visant une base militaire américaine en Arabie saoudite au début du mois. L’attaque a notamment ciblé la base aérienne Prince Sultan ainsi qu’une installation liée à la représentation diplomatique américaine à Riyad.
Début de crise entre les monarchies et Washington ?
Malgré ces attaques, les États du Golfe continuent de privilégier une approche prudente. Plusieurs capitales de la région avaient tenté de convaincre le président Donald Trump d’éviter une confrontation militaire directe avec l’Iran, redoutant précisément des représailles sur leurs territoires et leurs infrastructures stratégiques.
Les Émirats arabes unis ont ainsi réaffirmé que leur territoire ne serait pas utilisé pour des opérations offensives, tout en appelant à une désescalade et à un retour à la diplomatie.
Les frappes de représailles iraniennes contre des positions militaires américaines dans plusieurs pays du Golfe, ont cependant accentué les tensions régionales. Les dirigeants locaux redoutent désormais des frappes visant des installations critiques, telles que les infrastructures énergétiques ou les usines de dessalement indispensables à l’approvisionnement en eau.
Pour de nombreux analystes, les monarchies du Golfe cherchent avant tout à éviter une guerre qu’elles jugent risquée et incertaine. Cette divergence stratégique creuse progressivement le fossé entre Washington et ses partenaires arabes, au moment où le conflit entre l’Iran et Israël entre dans une phase de plus en plus imprévisible.