Ebola en RDC : 5 198 morts recensés et le Ghana en alerte
Source: Gettyimages.ruL’épidémie d’Ebola a fait près de 5 200 morts en RDC, où huit provinces ont été touchées. Le Ghana renforce les contrôles sanitaires dans ses aéroports, tandis que l’OMS prépare l’évaluation de deux vaccins expérimentaux ciblant la souche Bundibugyo.
En République démocratique du Congo (RDC), 10 668 cas confirmés d’Ebola et 5 198 décès ont été recensés au 3 novembre, selon un bilan publié le 5 novembre par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies. L’épidémie, causée par le virus Bundibugyo, a touché huit provinces du pays.
Sur le terrain, retrouver les personnes exposées au virus reste un obstacle majeur. Africa CDC indique que plus de 85 % des nouveaux malades n’avaient pas été identifiés auparavant comme contacts à surveiller. Près de deux décès sur trois surviennent en dehors des centres de traitement.
L’Ituri, dans le nord-est de la RDC, concentre à elle seule 7 485 infections et 3 532 morts. Les équipes médicales doivent composer avec les groupes armés, les routes difficiles et les fortes pluies. Dans le Nord-Kivu, à l’est du pays, 2 593 infections et 1 422 décès ont été recensés. Au total, 67 zones de santé sont concernées à travers le pays. La peur de la contamination éloigne aussi des femmes et des enfants des centres de santé.
Le Ghana contrôle les arrivées
Au Ghana, les autorités ont renforcé dès le 3 novembre les contrôles sanitaires dans les trois aéroports internationaux du pays. Aucun cas d’Ebola n’y a été confirmé. Les passagers doivent renseigner leurs déplacements récents sur un formulaire, puis passer un contrôle de température. Ceux qui présentent des symptômes suspects sont isolés et évalués.
Les personnes arrivant de pays où Ebola circule seront suivies jusqu’à 21 jours. Les hôtels devront déclarer aux autorités la présence de clients venus des zones touchées et noter les personnes qui leur rendent visite. Mentir sur ses voyages, cacher des symptômes ou refuser le contrôle sanitaire expose à des sanctions.
Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a réagi le 3 novembre aux restrictions de voyage décidées par le Kenya. « Le monde est plus sûr lorsque les pays coopèrent pour mettre fin aux épidémies, plutôt que d’isoler les pays touchés », a-t-il déclaré.
Deux vaccins à l’essai
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé le 4 novembre que deux nouveaux vaccins pourraient rejoindre l’essai clinique Tumaini, déjà en cours en RDC, sous réserve des autorisations nationales nécessaires. L’un vient de l’université d’Oxford, l’autre de Moderna. Aucun vaccin dirigé contre cette souche du virus Ebola n’a encore reçu d’autorisation de mise sur le marché.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a rappelé les limites de la vaccination : « À eux seuls, les vaccins ne suffiront pas pour mettre fin à cette épidémie, mais ils pourraient devenir un nouvel outil puissant pour la maîtriser. »