Le Ghana accuse les États-Unis de «normaliser» l'effacement de l'histoire des Noirs
© Compte X JDMahamaLe président ghanéen John Dramani Mahama présente, le 25 mars à l’ONU, une résolution visant à qualifier la traite transatlantique de «l'un des plus graves crimes contre l’humanité» et à engager un processus concret de réparations. Soutenu par plusieurs États, il s’en prend directement à Washington.
Dans une tribune publiée dans Le Monde, le président ghanéen précise l’ambition de sa résolution déposée à l’ONU sur la reconnaissance de l’esclavage. Il bénéficie du soutien de l’Union africaine, de la Caricom et d’une coalition du Sud global.
Il insiste sur le devoir collectif de reconnaître pleinement cette tragédie, afin de réparer les blessures du passé et de refonder la coopération internationale.
2️⃣5️⃣ March is set aside to remember the victims of slavery and the transatlantic slave trade. But remembrance has never been the difficult part. The difficulty has always been in how the world chooses to recognize what happened.
— African Union ECOSOCC (@AU_ECOSOCC) March 25, 2026
More than 12 million Africans were taken across… pic.twitter.com/ma5qCIjlCS
Une voix africaine pour la « justice réparatrice »
John Dramani Mahama a choisi la date symbolique du 25 mars pour déposer ce texte à New York. Il y rappelle que l’indépendance politique reste incomplète sans une transformation du système international hérité de l’esclavage. « La reconnaissance pleine et entière de l’histoire de l’esclavage est essentielle, non seulement pour l’Afrique et sa diaspora, mais pour l’humanité tout entière », écrit-il.
High-Level Special Event on Reparatory Justice, Convened by President John Dramani Mahama https://t.co/kjp71QkXvB
— John Dramani Mahama (@JDMahama) March 24, 2026
Le Ghana, pays africain indépendant depuis 1957, s’appuie sur plusieurs textes fondateurs, dont la déclaration d’Abuja (1993), celle d’Accra (2023) et la décennie 2026-2035 proclamée par l’Union africaine pour les réparations.
La résolution ne demande pas seulement des excuses ou des compensations financières. Elle appelle à un dialogue structuré incluant le retour d’artefacts, des investissements en éducation, santé et culture, ainsi que des garanties de non-répétition. Elle s’inscrit dans la lignée de la déclaration de Durban de 2001, qui avait déjà qualifié la traite de crime contre l’humanité, mais sans passer à l’action concrète.
Le président ghanéen a profité de son intervention pour critiquer ouvertement les politiques américaines. Selon lui, l’administration Trump normalise « l’effacement de l’histoire noire » en supprimant des expositions sur l’esclavage, en restaurant des statues confédérées et en retirant des programmes scolaires.
« Ces politiques deviennent un modèle pour d’autres gouvernements », a-t-il averti, soulignant que l’Europe et les États-Unis ont déjà fait savoir qu’ils ne soutiendraient pas la résolution. Le Commonwealth a déjà admis, de son côté, des actes symboliques, mais pas de compensations financières.
Mahama insiste cependant : il ne s’agit pas de culpabiliser les générations actuelles, mais de comprendre comment ces injustices façonnent encore le monde d’aujourd’hui.