Crise universitaire sénégalaise : le gouvernement opte pour la réouverture progressive des campus sur fond d’appel au dialogue des étudiants

Crise universitaire sénégalaise : le gouvernement opte pour la réouverture progressive des campus sur fond d’appel au dialogue des étudiants© X / Notre Afrik
Façade de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar
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La crise est loin d’être terminée au Sénégal, avec une décision gouvernementale de réouverture progressive des campus, qui a suscité des contestations de la part du collectif des Amicales de l’université de Dakar, dénonçant un manque de concertation avec les étudiants.

À l’issue de son conseil d’administration, qui a eu lieu le 19 février dernier, la direction du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) a annoncé, par voie de communiqué, la réouverture progressive des six campus sociaux, dès le 26 février, plus de deux semaines après la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba et les scènes de chaos. La décision de reprendre les cours vise la relance des activités pédagogiques, notamment à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

« Pour des raisons de sécurité, les pavillons B et F ne sont pas disponibles », a indiqué le communiqué du COUD, ajoutant que « toutes les activités politiques, toutes les manifestations culturelles à connotation ethnique ou régionaliste sont formellement interdites. Tous les résidents sont invités au respect du règlement intérieur, à la compréhension, à la discipline et à la responsabilité, pour un campus de solidarité et de paix totale ».

Les étudiants dénoncent toujours un manque de concertation

Du côté des étudiants, et dans un développement plus récent, le collectif des Amicales de l’université de Dakar a lancé son mot d’ordre : aucun étudiant ne doit retourner sur les campus avant la publication d’un nouveau communiqué officiel. Il dénonce une logique d’imposition de décisions de la part des autorités sénégalaises, qui auraient tenu plusieurs rencontres sans associer les représentants des étudiants, et s’oppose à la réouverture progressive des campus.

Le collectif s’insurge également contre la décision des autorités de maintenir fermés les pavillons B et F, où résident plus de deux mille étudiants. L’organisme estudiantin maintient ses demandes au gouvernement d’engager des concertations, tout en rappelant ses principales revendications.

L’organisme estudiantin exige, en premier lieu, la levée des suspensions des amicales, une décision illégale et susceptible d’être attaquée devant la Cour suprême. Il insiste aussi sur la réouverture des assises pour discuter sincèrement des réformes, sur une prise en charge des blessés et sur l’ouverture de tous les pavillons pour permettre à tous les étudiants d’être traités de façon égale.

Au-delà de Dakar, perturbation généralisée des cours dans les autres universités

La crise universitaire n’a pas affecté que les campus de la capitale sénégalaise. Plusieurs autres universités du pays ont vu le déroulement des cours perturbé suite à la crise. Selon le correspondant de RT sur place, le conseil académique de l’université Gaston Berger, à Saint-Louis, dans le nord du pays, a décidé, après évaluation de la situation, de maintenir le calendrier universitaire malgré les perturbations notées et a invité les différentes parties à un dialogue « sincère, constructif et durable ». Le conseil a aussi annoncé la création d’une commission de médiation dont la mission est d’« échanger avec les étudiants en vue de trouver une issue heureuse à cette crise ».

Le correspondant de RT a rapporté la mise en place d’un comité de dialogue social de 18 membres par le ministère de l’Enseignement supérieur. Une mesure dont la finalité est de renforcer le dialogue avec les étudiants et de désamorcer les tensions qui persistent toujours dans le monde académique sénégalais.

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