Russie

La République tchèque refuse de délivrer des visas aux jeunes hockeyeuses russes pour le Mondial 2027

Prague refuse des visas aux jeunes hockeyeuses russes pour le Mondial des moins de 18 ans, prévu en janvier 2027. Malgré une décision du Tribunal arbitral du sport favorable au retour des équipes russes, les obstacles se multiplient en Europe, où plusieurs fédérations annoncent leur intention de boycotter les rencontres contre la Russie.

Les autorités tchèques refusent de délivrer des visas aux jeunes hockeyeuses russes pour le Championnat du monde féminin des moins de 18 ans, prévu du 8 au 16 janvier 2027 à Ostrava. Le ministre de l’Intérieur, Lubomir Metnar, a confirmé que Prague ne ferait pas d’exception pour permettre leur participation.

Le gouvernement tchèque invoque des mesures adoptées en 2023, qui interdisent la délivrance de visas de court séjour aux ressortissants russes. Ces restrictions pourraient empêcher les joueuses de se rendre au tournoi, malgré leur possible réadmission sur le plan sportif.

« Pour nous, rien ne change actuellement. La décision du Tribunal arbitral du sport ne nous oblige à rien », a déclaré Lubomir Metnar.

Une victoire juridique russe confrontée aux restrictions de Prague

Le 30 octobre, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a donné raison à la Fédération russe de hockey et ordonné à la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) d’autoriser le retour des sélections russes dans les compétitions de la saison 2026-2027, dont le Mondial féminin des moins de 18 ans.

Les équipes russes sont exclues des tournois de l’IIHF depuis 2022. Leur suspension avait été prolongée en juillet 2026, la fédération internationale invoquant des raisons de sécurité.

Malgré son désaccord avec le verdict, l’IIHF a annoncé qu’elle examinerait en urgence les mesures nécessaires à son application.

La décision se heurte toutefois aux restrictions tchèques. Selon Lubomir Metnar, le verdict du TAS ne contraint pas Prague à délivrer des visas. Le président Petr Pavel et le Premier ministre Andrej Babis se sont également opposés à la participation des joueuses russes.

La Norvège et la Finlande annoncent un boycott

L’opposition au retour des sélections russes s’étend à d’autres pays européens. Après la Finlande, la Fédération norvégienne de hockey a annoncé qu’elle refuserait d’affronter la Russie lors du Mondial masculin de 2027 en cas de réadmission.

L’instance norvégienne estime que les équipes russes ne devraient pas participer aux compétitions internationales avant la fin du conflit en Ukraine. Elle prévoit néanmoins de disputer ses autres rencontres.

Le 2 novembre, la Fédération finlandaise avait également annoncé son refus de jouer contre la Russie, affirmant vouloir utiliser « tous les moyens disponibles » pour empêcher son retour.

La Commission européenne s’est aussi prononcée contre un retour complet des sportifs russes et biélorusses. Sa porte-parole, Eva Hrncirova, a rappelé l’opposition européenne à l’utilisation des drapeaux, symboles nationaux et hymnes russes lors des compétitions organisées en Europe tant que le conflit se poursuit.

En Allemagne, la fédération de hockey a même évoqué la possibilité de renoncer à accueillir le Mondial masculin de mai 2027.

Ces prises de position ont suscité des critiques en Russie. Dmitri Svichtchev, membre de la commission chargée du sport au sein de la Douma, chambre basse du parlement russe, a dénoncé une violation des principes du mouvement olympique, estimant que les pays organisateurs ne devraient pas mêler politique et sport.

Malgré sa victoire devant le TAS, le hockey russe reste ainsi confronté à des restrictions d’accès et à des menaces de boycott qui pourraient compromettre son retour effectif sur la scène internationale.