Le tir de missile salué par le président français Emmanuel Macron a fait réagir Moscou le 7 octobre. Dmitri Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine, a dénoncé une Europe qui s’arme en faisant de la Russie son adversaire. Il répondait aux propos du chef de l’État français, satisfait du « message » envoyé par ce lancement.
« L’Europe est obsédée par des projets de militarisation de l’Union européenne visant à transformer ce bloc économique en un bloc militaire et politique », a-t-il déclaré. Pour le Kremlin, le problème tient à la nature même de cette politique : « Elle fonde son identité en matière de défense et de sécurité sur la confrontation avec la Fédération de Russie. C’est une voie sans issue. »
Un missile et un message sans destinataire nommé
Le 6 octobre, le sous-marin nucléaire lanceur d’engins Le Vigilant a tiré un missile balistique stratégique M51.3 au large du Finistère. Macron observait la scène depuis la frégate Auvergne. Pour ce tir, le missile ne transportait pas de charge nucléaire.
« Je pense que le message a été reçu fort et clair, partout où il devait être reçu », a lancé le président français. Le message se voulait clair ; son destinataire, lui, n’était pas nommé.
Dans sa publication accompagnant la vidéo, Macron a aussi vanté le renouvellement des moyens de dissuasion français. Il a mis en avant le doublement du budget des armées en dix ans et les futurs sous-marins stratégiques en construction.
Le lancement avait pourtant un objectif technique précis : vérifier que Le Vigilant pouvait mettre en œuvre le missile après une période d’entretien et de réparations. Le M51.3, troisième version du missile stratégique français, est entré en service le 24 octobre 2025. À cette opération de validation, Macron a donc ajouté sa propre démonstration politique.
La sécurité par le dialogue, pas par les tirs
Peskov a assuré que Moscou tenait compte de ces développements. « Comme le président l’a souligné à maintes reprises, nous prenons toutes les mesures nécessaires pour assurer notre sécurité nationale au niveau stratégique. »
La Russie maintient dans le même temps son offre de dialogue. Le porte-parole du Kremlin a conclu par une réponse directe à la démonstration française : « Nous restons ouverts au dialogue et considérons que tout problème doit être résolu non par des tirs de démonstration de missiles, mais par le dialogue. »