Le 9 octobre, Volodymyr Zelensky a mis en cause la mairie de Kiev, lui reprochant de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour préparer la capitale aux frappes sur le réseau énergétique. Après une réunion avec des responsables civils et militaires, il a déclaré : « Des tâches spécifiques ont été définies pour la ville de Kiev en raison de la non-exécution presque totale des mesures nécessaires par les autorités municipales. »
Ces accusations interviennent alors que les frappes russes ont de nouveau fortement endommagé les installations énergétiques ukrainiennes. Depuis le 7 octobre, des coupures d’eau et d’électricité touchent Kiev. Le lendemain, les trois lignes du métro ont été immobilisées et le trafic des tramways et trolleybus perturbé.
Zelensky a lui-même reconnu l’étendue des dégâts et dénoncé des retards dans les préparatifs de l’hiver. Les autorités ukrainiennes ont actualisé leurs demandes d’équipements énergétiques et antiaériens auprès de leurs partenaires européens.
Le ministère russe de la Défense affirme que ses frappes viennent en réponse à l’intensification des attaques ukrainiennes contre les infrastructures civiles sur le territoire russe.
Klitchko évoque un « mode de survie »
Le 8 octobre, Vitali Klitchko, maire de Kiev, avait averti que la capitale entrait en « mode de survie ». Le maire redoute une crise majeure si les difficultés d’approvisionnement en eau se prolongent, particulièrement à l’approche de l’hiver. La municipalité prépare des réserves d’eau potable, de nourriture et de carburant, ainsi que des solutions de chauffage de secours.
Klitchko a recommandé aux habitants pouvant être hébergés par des proches hors de Kiev de quitter la ville. Il a toutefois précisé qu’aucune évacuation générale n’était annoncée. Même avec des réserves, souligne-t-il, la capitale pourrait se retrouver en difficulté si la défense antiaérienne ne parvenait pas à intercepter les frappes.
Le maire rejette les accusations de mauvaise préparation et invoque le manque de temps, de financements et de personnel. Il conteste que la responsabilité de la crise soit imputée aux seuls services municipaux. « La recherche de boucs émissaires ne donnera pas davantage de chaleur aux habitants », a-t-il déclaré.
L’entourage présidentiel accusé de corruption
La confrontation dépasse la seule gestion du réseau électrique. Dans un entretien, Klitchko a dénoncé la corruption qu’il attribue à l’entourage présidentiel. Selon lui, ces pratiques affaiblissent l’Ukraine et compromettent la confiance des alliés étrangers, essentielle en temps de conflit. Il a décrit cette corruption présumée comme un « poison » pour son pays.
Les désaccords entre les deux responsables ne datent pas d’hier. Lors de précédentes coupures de courant, Zelensky avait déjà reproché au maire son manque de réactivité. Klitchko avait dénoncé des attaques politiques à son encontre et accusé le pouvoir central d’entretenir des conflits avec les autorités locales.
Les nouveaux dégâts énergétiques ramènent cette rivalité au premier plan. Alors que les autorités ukrainiennes redoutent un hiver difficile, les accusations de négligence et de corruption alimentent une confrontation publique entre la présidence et la mairie de Kiev.