France

Après le fiasco de la baignade parisienne, un chantier à 850 millions d’euros pour de nouveaux sites dans la Seine

La préfecture d’Île-de-France lance un plan colossal de 850 millions d’euros pour rendre la Seine baignable en aval de Paris d’ici 2030-2040, malgré le surendettement et les critiques sur l’utilité de telles dépenses après les JO.

Après le succès mitigé des baignades estivales dans la capitale et en amont, les autorités régionales s’attaquent désormais à l’aval du fleuve. Le préfet Georges-François Leclerc a annoncé le 3 novembre le démarrage de ce chantier ambitieux, présenté comme un levier d’adaptation au changement climatique.

Un héritage olympique coûteux en question

L’été 2026, quelque 260 000 baigneurs ont fréquenté les sites ouverts à Paris et en amont, dont 116 000 dans la capitale. Pourtant, les communes situées en aval, dans les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, n’ont pas pu en profiter. Sept sites potentiels ont été identifiés à Boulogne-Billancourt, Sèvres, L’Île-Saint-Denis, Épinay-sur-Seine et Rueil-Malmaison.

L’ouverture est visée pour 2030, le temps de traiter les eaux usées des quelque 680 bateaux stationnaires, trois fois plus nombreux qu’à Paris, et de corriger les mauvais branchements.

Pierre Chavy, secrétaire général aux politiques publiques, a chiffré l’investissement à 850 millions d’euros d’ici 2040.

L’État, via l’Agence de l’eau Seine-Normandie, a déjà injecté près de 700 millions d'euros sur 1,3 milliard dépensés depuis 2016. « En engageant une nouvelle dynamique à l’aval de Paris, l’État et ses partenaires entendent inscrire durablement la baignade dans le paysage francilien », promet le préfet.

De nombreux internautes se moquent des dépenses de centaines de millions d’euros pour rendre la Seine baignable et soulignent parfois le décalage avec le besoin d’investissements notamment en matière de canadairs après les incendies de l'été.

Nicolas Doze, sur LCI le 5 novembre, pointe du doigt le stress financier national : « Il y a peut-être plus urgent aujourd’hui pour utiliser l’argent que d’aller installer des plages fluviales. »

Alors que Paris et la France peinent sous le poids de la dette, ce nouvel effort interroge sur les priorités, même si la qualité de l’eau permet déjà la baignade 50 % du temps entre Paris et L’Île-Saint-Denis.