« Il ne nous a presque rien donné, donc […] bien sûr qu’on appelle au blocus et donc les lycées seront bloqués, et ce dès lundi », a déclaré, ce 1er novembre sur RMC, Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens ! Il réagissait aux propos d’Emmanuel Macron qui, dans un entretien accordé à la chaîne YouTube HugoDécrypte et diffusé le 28 octobre, avait estimé que les revendications de la jeunesse française avaient été « entendues » par le gouvernement de Sébastien Lecornu.
Au cours de cet entretien de plus d’une heure, le président français avait également appelé à une reprise des cours dans le « calme » le 2 novembre. Collégiens et lycéens étaient en vacances depuis le 17 octobre, à l’occasion de la Toussaint.
« Ce sera plus à partir de mardi, mais on sait qu'il y a des lycées qui vont être bloqués dès demain. Et nous soutenons tous nos camarades qui bloquent leurs lycées dès demain », a ajouté Pierre Sourzat. De leur côté, l’Union syndicale lycéenne (USL) et l’Union étudiante ont appelé à bloquer les lycées et les universités les 3 et 5 novembre, cette dernière date correspondant à une journée de grève interprofessionnelle.
« Un sacrifice » pour les générations suivantes
Pierre Sourzat a défendu un « sacrifice » nécessaire pour les générations suivantes. « Le gouvernement a fait avec nous de la politique de comptoir. Il nous a un peu méprisés, c’est limite s’il se moque de nous », a-t-il fustigé. Il a notamment critiqué le recours aux « prêts bonifiés » que le gouvernement entend proposer aux régions pour rénover les bâtiments scolaires vétustes, alors que certaines collectivités sont déjà lourdement endettées.
Il a également estimé que la refonte annoncée de la plateforme d’orientation Parcoursup « ne résout pas le problème de places » dans l’enseignement supérieur pour les bacheliers. « C'est de la poudre qu'on met aux yeux. Il y a un peu de vernis, mais dès qu'on gratte, il n'y a plus rien derrière », a-t-il enchaîné.
« Dès ce mardi, on va bloquer nos universités et lycées et on bloquera jeudi également pour ensuite aller en manifestation le 5 novembre à l'appel des travailleurs et travailleuses », avait déclaré devant les caméras la porte-parole de l’Union étudiante, Sabrine Kharbach, le 31 octobre. « Vouloir interdire les manifestations chaque semaine, vouloir interdire les cortèges qui ont toujours eu lieu dans de bonnes conditions... On va leur montrer qu'ils ont tort ! », avait-elle ajouté.