Samedi 24 octobre
Nuñez content
« Les cortèges se sont bien passés », s’est félicité Laurent Nuñez, qui annonce près de 1 000 interpellations
Lors d’un point presse peu avant 20h, le ministre français de l’Intérieur a « remercié » les forces de l’ordre qui, selon ses mots, ont été confrontées à un « niveau de violence extrêmement élevé », notamment de la part d’« éléments radicaux » de gauche qui « ont essayé de faire dégénérer les cortèges ». Des individus qui auraient été « empêchés de déambuler de manière sauvage» par des forces de l’ordres qui «sont intervenus systématiquement ».
Soulignant que la journée « n’est pas terminée » et mettant en garde contre de potentiels pillages dans les centre-villes lors de la « troisième partie de la séquence », le ministre a évoqué notamment des « tentatives » de pillages dans le 5e arrondissement de Marseille. Les auteurs auraient été « interpellés ».
Le ministre français a annoncé « près de 1 000 interpellations », près de trois fois plus que le 17 octobre « au même moment ». Un chiffre qui, a-t-il insisté, serait appelé à « augmenter de façon assez significative ».
Pillage à Grenoble
Le pillage d’un supermarché signalé à Grenoble
Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par Le Dauphiné Libéré montre des individus encapuchonnés en train de dévaliser un supermarché SPAR à Grenoble. Le même média a fait état de tensions entre des émeutiers et les forces de l’ordre aux abords du parc Paul-Mistral.
Selon BFMTV, qui cite des sources policières, deux bijouteries auraient été pillées à Marseille et d’autres exactions similaires seraient en cours dans le 5e arrondissement de la cité phocéenne.
Nice affrontements
Heurts à Nice entre membres de groupuscules et manifestants, plusieurs interpellations
Plusieurs dizaines d’individus, considérés comme appartenant à des groupes identitaires, s’en sont pris à des manifestants dans le centre de Nice. ICI Azur, qui a également capté des affrontements entre ce groupe et des manifestants, avait rapporté plus tôt dans l’après-midi la présence d’« un groupe d’extrême droite » se dirigeant vers le centre-ville « avec des slogans de soutien aux policiers ».
« Lors de la dispersion du cortège, des affrontements ont opposé des individus d’ultra-droite et d’ultra-gauche », a rapporté dans la soirée la préfecture des Alpes-Maritimes, qui a également fait état de l’interpellation de 63 personnes à Nice au cours de la journée.
Bataille de chiffres
« Près de 800 000 personnes mobilisées » en France, selon la CGT
Sur le front des chiffres, la CGT affirme que « près de 800 000 personnes » auraient battu le pavé en cette deuxième journée de mobilisation nationale, dont 250 000 à Paris. De son côté, la préfecture de police de la capitale avance le nombre de 110 000 personnes ayant défilé. À Marseille, la CGT évoque 100 000 manifestants, contre 17 000 selon les chiffres de la préfecture.
Par ailleurs, des individus s'en sont pris aux vitrines d'une concession automobile située cours de Vincennes à Paris.
Tensions à Paris
À Paris, la situation s’envenime également
Aux alentours de 17h30, la situation s’est dégradée à la Porte de Vincennes, point d’arrivée du cortège parisien, où les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et de canons à eau.
Sur X, la Préfecture de Police a évoqué une tentative d'intrusion dans une concession automobile. « L’intervention rapide des forces de l’ordre a permis de les en empêcher et de sécuriser le commerce », a-t-elle assuré.
Poubelles à Marseille
Premiers heurts et feux de poubelles à Marseille, où la manifestation touche à sa fin
Des poubelles ont été incendiées dans la cité phocéenne, en marge de la manifestation. Des images montrant des heurts entre forces de l’ordre et manifestants circulent.
Nantes & Clermont
La situation se tend à Nantes et Clermont-Ferrand
Un canon à eau avait également été déployé à Nantes, ainsi que des blindés Centaure ; la situation s’y est tendue. À Clermont-Ferrand, les manifestants ont atteint le centre-ville, malgré l’interdiction des autorités.
Place Masséna à Nice
Canon à eau à Nice, des manifestants dispersés place Masséna
Un canon à eau a été « utilisé » à Nice, selon un correspondant de BFMTV, afin de disperser les manifestants qui se sont regroupés place Masséna malgré les avertissements de la police.
Le 22 octobre, la préfecture des Alpes-Maritimes avait publié un arrêté interdisant les regroupements et « manifestations revendicatives » ce 24 octobre de 8h à minuit dans plusieurs quartiers de la ville, dont la place Masséna.
Selon des journalistes présents sur place, il n’y aurait « pas du tout les mêmes profils » que lors des violences du 17 octobre.
Slogans anti-flics
Des slogans anti-police scandés dans le cortège parisien
« C’est assez agressif dans les slogans, après on est habitué », a confié à BFMTV le commissaire Olivier Bourde, sous-directeur de l’ordre public à la préfecture de police de Paris, interrogé sur les slogans anti-police scandés dans le cortège de la manifestation parisienne, évoquant un « point noir ».
Orléans
La gauche à Orléans pour manifester contre le RN
Plusieurs figures médiatiques de la gauche française, dont le maire La France insoumise (LFI) de Saint-Denis Bally Bagayoko, ont fait le déplacement à Orléans où le Rassemblement national (RN) tient son congrès ces 24 et 25 octobre et au cours duquel l’eurodéputé Jordan Bardella a été reconduit à la tête du parti.
« Partout où celles et ceux qui se lèvent contre le racisme, pour dire que la France est une France antifasciste, je me trouverai toujours à leurs côtés », a déclaré devant les caméras l’édile de Seine-Saint-Denis.
« Nous sommes ici parce que nous sommes bouleversés par ce qui s’est passé hier », a pour sa part déclaré la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, également présente à Orléans plutôt que dans la capitale française, en référence à la fusillade mortelle qui a eu lieu à Trappes, en région parisienne, fustigeant un « attentat terroriste raciste » et pointant du doigt des « discours qui véhiculent le racisme, l’antisémitisme, la violence et » qui « sont notamment, essentiellement, des discours d’extrême droite ».
Quelque 11 000 personnes auraient participé à cette manifestation, selon la préfecture, contre 26 000 selon les organisateurs.
Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon : « Il y a vraiment une volonté de provocation »
Estimant que les autorités françaises auraient « profité » du moment « de sidération » qui a suivi la fusillade meurtrière de Trappes, dans les Yvelines, pour « créer un foyer de désordre » en annonçant le changement de parcours du cortège parisien, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a accusé le gouvernement Lecornu de « réuni[r] les conditions du désordre », alors que ses partisans réunis à Paris incarnent le « sang-froid » et la « discipline collective ».
« Il y a vraiment des manières détestables de gouverner la France », a-t-il fustigé auprès de LCI, après avoir interpellé l’équipe de BFMTV au sujet des « remarques racistes » de la chaîne. Puis il a refusé de répondre à l’une de leurs questions sur ses revendications.
« Il est temps de céder », a par ailleurs lâché le dernier tribun de la politique française à l’adresse d’Emmanuel Macron, face aux revendications exposées lors de cette nouvelle journée de mobilisations, car « après, il ne lui restera plus que la porte de sortie ». « Il va comprendre que ça va se répéter toutes les semaines », a-t-il ajouté.
Tensions à Lyon
Premières tensions à Lyon
À Lyon, les forces de l’ordre auraient répliqué par du gaz lacrymogène à des jets de projectiles, dont des pavés. Des charges ont également eu lieu. Plus tôt dans la matinée, un premier rassemblement d’environ 150 personnes à proximité de l’université Lyon 3 avait été dispersé par les forces de l’ordre.
Maire du XIIIe à Paris
À Paris, le maire du XIIIe assure que « toutes les dispositions » pour sécuriser le nouveau parcours ont été prises
« Nous avons pris toutes les dispositions possibles pour sécuriser les chantiers, pour faire en sorte que la voie publique soit le maximum dégagée », a déclaré à BFMTV le maire divers gauche du XIIIe arrondissement de Paris, Jérôme Coumet. L’édile a également annoncé la fermeture préventive de « pas mal d’équipements, des jardins et le grand parc sportif Carpentier pour des raisons de sécurité évidentes ».
Alors que la manifestation parisienne s’est élancée peu après 14h, heure locale, de la porte d'Italie pour rejoindre la porte de Vincennes, le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé l’interpellation de 135 personnes, notamment lors de contrôle en amont des rassemblements, dont 17 à Paris. Le ministre a précisé qu’« à date », « 136 actions de voie publique » avaient été enregistrées contre « 264 au même moment » le 17 octobre.
Après les scènes de chaos, qui ont fait le tour du monde la semaine précédente, plus de 70 000 policiers, gendarmes et pompiers ont été mobilisés pour cette nouvelle journée de mobilisation nationale.