France

Acte V : la colère lycéenne pourrait s’élargir aux étudiants et au mouvement social

Ce 13 octobre, l’«acte V» de la mobilisation lycéenne s’annonce décisif. Estimant n’avoir reçu «que des miettes», les jeunes appellent à manifester partout en France. Le mouvement, rejoint par des étudiants et des syndicats, pourrait se muer en contestation plus large, malgré la «décrue» annoncée par le gouvernement.

Alors que le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray anticipe une baisse des blocages avec environ 200 lycées fermés sur 3 700, les organisateurs misent sur un élargissement.

À Paris, le cortège lycéen et étudiant partira à 14 heures de la place d’Italie vers les Invalides. Des rassemblements sont aussi prévus à Lyon, Marseille, Lille, Toulouse et Bordeaux.

Des revendications inchangées face aux réponses jugées insuffisantes

Démarré à la mi-septembre, le mouvement dénonce le manque de moyens, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés, les emplois du temps surchargés et la pression de Parcoursup. L’Union syndicale lycéenne exige toujours la suppression de cette plateforme et un plan de dix milliards d’euros. Les annonces gouvernementales – déploiement de 3 000 professeurs remplaçants, dont 35 % déjà affectés selon Geffray, et des amendements budgétaires – ne satisfont pas les organisations de gauche.

Des personnels de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur rejoignent la contestation. Une dizaine de syndicats réclament de meilleurs salaires, l’annulation de suppressions de postes et la levée des barrages de Parcoursup et Mon Master.

Des blocages d’universités, comme à Paris-Panthéon-Assas, symbolisent déjà cette jonction. Sur place, plusieurs élus de La France insoumise (LFI) sont venus apporter leur soutien aux bloqueurs, notamment Aurélien Saintoul, Thomas Portes et Ersilia Soudais.

Le gouvernement constate une décélération : lundi, 96,5 % des établissements étaient ouverts, avec 130 fermés contre 172 vendredi. « On est plutôt sur une décrue par rapport aux semaines précédentes », a déclaré Geffray sur France Inter.

Le président de la République Emmanuel Macron a, lui, appelé à manifester « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect ». De leur côté, les organisateurs visent la convergence avec la mobilisation « contre la vie chère » prévue le 17 octobre, premier jour des vacances de la Toussaint. Entre 130 000 et 200 000 personnes sont attendues dans les rues ce 13 octobre, dans ce qui pourrait faire figure de prélude à la journée du 17.