Afrique

Dakar accueille la 89e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples

Souveraineté économique, populations touchées par les conflits, accès à l’eau : la 89e session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples s’est ouverte le 12 octobre à Dakar. Jusqu’au 21 octobre, les délégations aborderont également les conditions de détention et les questions de nationalité.

Transformer les matières premières en Afrique afin de mieux valoriser ses ressources : Idrissa Sow, président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), a salué les initiatives du Burkina Faso et de la Guinée qui vont dans ce sens. Il s’exprimait le 12 octobre à Dakar, à l’ouverture de la 89e session ordinaire de la Commission.

Le Togo a également eu droit à ses éloges pour sa volonté de voir l’Afrique représentée plus justement sur les cartes. À ses yeux, la manière dont le continent est représenté compte également pour la dignité de ses habitants.

Une Charte de 45 ans, des droits encore à faire respecter

Adoptée à Nairobi le 27 juin 1981, la Charte africaine a 45 ans. Le 21 octobre marquera par ailleurs les quarante ans de son entrée en vigueur. Le ministre sénégalais de la Justice, Moussa Sarr, a rappelé tout ce qui a été bâti depuis, des textes aux institutions. Mais les progrès sur le papier ne suffisent pas. « La question qui nous est posée est désormais celle de leur effectivité », a-t-il déclaré.

Notre correspondant au Sénégal, Pape Ibrahima Ndiaye, indique que les délégations passeront dix jours à examiner les rapports des États et le travail des mécanismes de protection des droits. Parmi les dossiers figurent les conditions de détention, l’accès à la nationalité et les conséquences sociales des conflits.

Du Sahel à la Somalie, Idrissa Sow a dressé le constat des souffrances provoquées par les conflits, évoquant également le Soudan, la Centrafrique et l’est de la République démocratique du Congo. Pour James Mouangue Kobila, président du Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme, les violences contre les enfants et leur enrôlement dans des groupes armés appellent une attention particulière. Il a également évoqué les exactions subies par les migrants et les réfugiés.

L’eau, une question de temps et de dignité

Willy Nyamitwe, représentant permanent du Burundi auprès de l’Union africaine, a pris l’exemple de l’eau pour évoquer le droit au développement. « L’eau est une condition de la santé, de l’école, de l’alimentation et de la dignité », a-t-il affirmé. Là où elle manque, les femmes et les enfants doivent parfois marcher longtemps pour en trouver, autant de temps soustrait aux études et à la vie quotidienne.

L’Union africaine a fait de l’eau et de l’assainissement sa priorité pour 2026. Près de 60 % des ressources en eau douce du continent sont partagées entre plusieurs pays. Leur gestion exige donc un travail commun entre États, conformément aux objectifs de l’Agenda 2063, le programme de développement de l’organisation.