La République de Guinée célèbre ce 2 octobre le 68ᵉ anniversaire de son indépendance du joug colonial français, proclamée en 1958. Quelques semaines auparavant, le général Charles de Gaulle s’était rendu à Conakry dans le cadre d’une tournée africaine destinée à présenter le projet de nouvelle Constitution française et la Communauté appelée à remplacer l’Union française.
Le 25 août 1958, il avait notamment rencontré les principales figures politiques du territoire, parmi lesquelles Saifoulaye Diallo, président de l’Assemblée territoriale, et Sékou Touré, président du Conseil de gouvernement. C’est au cours de cette visite que Sékou Touré prononça devant De Gaulle son célèbre discours défendant le droit des peuples africains à disposer d’eux-mêmes et affirmant la volonté de la Guinée de choisir librement son avenir.
Le « non » guinéen du 28 septembre 1958
Un peu plus d’un mois plus tard, le 28 septembre, les électeurs guinéens furent appelés à se prononcer sur la nouvelle Constitution française. Le « non » recueillit 95,22 % des suffrages exprimés. La Guinée devint ainsi le seul territoire français d’Afrique subsaharienne à rejeter le projet et, avec lui, l’entrée dans la nouvelle Communauté française.
Ce résultat singularisa profondément Conakry au sein de l’Afrique occidentale française et de l’Afrique équatoriale française, où le « oui » s’était largement imposé. Le choix guinéen ouvrit alors la voie à une rupture politique immédiate avec la puissance coloniale.
L’indépendance proclamée le 2 octobre
Une fois les résultats du référendum connus, la République de Guinée a proclamé son indépendance quelques jours plus tard, le 2 octobre, entamant ainsi une nouvelle étape de son histoire nationale et devenant la première colonie française d’Afrique de l’Ouest à acquérir sa souveraineté. À la suite de la proclamation de l’indépendance, la France a retiré son aide financière et technique ainsi que son personnel. L’ancien colonisateur a aussi emporté ou détruit des infrastructures, du matériel et des médicaments.
Le gouvernement guinéen s’est alors tourné vers l’Union soviétique, qui est devenue le nouveau partenaire du développement du pays en matière d’industrie, d’agriculture et d’infrastructures.
Festivités à Conakry
Pour cette occasion, des événements festifs ont été programmés dans la capitale guinéenne, avec la présence de plusieurs délégations étrangères et des présidents Alassane Ouattara, de Côte d’Ivoire, et Paul Kagame, du Rwanda, invités d’honneur de cette célébration. La journée a démarré par un moment de recueillement présidé par le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, en présence de la première dame. Après la cérémonie, le couple présidentiel a assisté au grand défilé traditionnel, qui a réuni les neuf régions administratives du pays ainsi que les forces de défense et de sécurité.